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600 lettres envoyées à une division scolaire pour qu’elle défie la loi sur les pronoms

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Des membres de la communauté de Regina ont transmis 616 lettres à la Division scolaire des écoles publiques de Regina pour qu’elle ne se conforme pas à la Loi sur les droits parentaux.

Une dizaine de membres de la Coalition de la Saskatchewan pour l'abrogation de la Loi 137 se sont rassemblés mercredi. Ils ont demandé au conseil d’administration de la division scolaire de défier le gouvernement de Scott Moe en refusant de se conformer à la loi adoptée en 2023 avec la disposition de dérogation.

Depuis son adoption, le consentement des parents est obligatoire pour que le personnel d'une école utilise le nom et le pronom choisis par un élève de moins de 16 ans.

Le groupe citoyen souligne avoir collecté ces centaines de lettres au cours de la dernière année auprès de parents, citoyens et élèves.

Les élèves transgenres ont été confrontés à un choix déchirant : soit vivre pleinement leur identité à l'école, soit risquer d'être démasqués par leur famille, raconte-t-il.

Nous espérons que cela montre [à la division scolaire] que la communauté de Regina se préoccupe des jeunes trans, souligne Keegan Grandel, membre de la coalition. [Nous espérons que] le conseil d'administration accorde de l'importance à ces lettres de la communauté et peut les transmettre aux personnes concernées afin de faire abroger cette loi.

Une culture de la peur à l’école

Nick Day est un enseignant à la division scolaire des écoles publiques de Regina et membre de la coalition. Il souligne avoir entendu de nombreuses interrogations de la part d’élèves en lien avec la politique du gouvernement provincial. J’ai entendu des jeunes dire qu’ils ne savaient plus s’ils pouvaient affirmer leur orientation, ni de quoi il leur était permis de parler , raconte l’enseignant.

J'ai ressenti une sorte d'effet dissuasif dans une culture de la peur.

Tout comme Nick Day, Wybo Ottenbreit-Born est un enseignant et a des enfants. Il explique être inquiet pour ses enfants, dont l’un qui a commencé un baccalauréat en éducation, et ses élèves.

Si on n’a pas le droit de s’exprimer, ça va être une vie difficile pour ces enfants, estime-t-il.

Si on nous partage quelque chose, c’est mieux si on dit : " Non, ne partage pas ", indique M. Day pour expliquer ce blocage entre les enseignants et les élèves.

L’enseignant de 1ère année à l’École Connaught souligne que, bien que ce sujet touche les élèves plus âgés — et concerne donc plutôt ses collègues —, il assure que ces conversations ont déjà eu lieu avec les membres de sa classe. Il estime qu'il est important de respecter l'identité des enfants qui font partie de la communauté LGBTQ+.

De son côté, la province réaffirme que du soutien aux élèves est disponible et que sa loi restera en place.

En novembre dernier, la Cour Suprême du Canada a accepté de se pencher sur la loi.

Avec les informations de Charles Lanthier

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