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Le nombre d'interventions pour consommation de drogue dans le métro a été multiplié par six depuis 2023 et l'administration de naloxone a « explosé ». Cette hausse des surdoses est aussi observée par la santé publique de Montréal.
Nos stations de métro, ce ne sont pas des lieux de consommation qui sont adéquats, lance d’entrée de jeu le directeur par intérim de la sûreté et sécurité incendie à la Société de transport de Montréal (STM), Gabriel Carignan.
Le nombre d'interventions pour consommation de drogue est passé de 661 en 2023 à 3998 en 2025.
Cela dit, le nombre d'interventions pour consommation de drogue pour les trois premiers mois de 2026 était inférieur au nombre d'interventions pour la même période l'an dernier.

Gabriel Carignan est directeur par intérim à la Sûreté et sécurité incendie à la STM
Photo : Radio-Canada
Les données de la STM indiquent également une augmentation marquée d’administration de naloxone – un médicament qui peut sauver des vies en renversant temporairement les effets d'une surdose d'opioïdes – par du personnel de sécurité de la STM.
Juste cette année, pour les cinq premiers mois, c'est plus de 100 doses de naloxone qui ont été administrées par mon personnel, précise M. Carignan, une nette hausse par rapport aux 68 interventions recensées pour l'année 2025 au complet.
Données sur la consommation de drogue dans le métro
| Interventions pour consommation drogue | 661 | 1986 | 3998 | 1684 |
| Administrations de naloxone | 25 | 47 | 68 | 100 |
Même son de cloche du côté de la santé publique de Montréal, qui dit constater une augmentation marquée du nombre de surdoses non mortelles ces derniers mois, tendance qui concorde avec la détection de carfentanil, un opioïde jusqu’à 100 fois plus puissant que le fentanyl.
Jadis, on parlait de crise des surdoses ou crise des opioïdes. [Aujourd'hui], on parle de crise des drogues toxiques parce qu'on a cette réalité-là où les gens ne savent souvent pas ce qu’ils consomment, ajoute le Dr David Kaiser, directeur médical adjoint à la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal.
5 stations ayant le plus d’interventions
- Berri-UQAM
- Peel
- Guy-Concordia
- Papineau
- Place-des-Arts
Ramener le sentiment de sécurité
Pour le syndicat qui représente les constables de la STM, il faut avant tout ramener le sentiment de sécurité en renforçant la présence sur le terrain. Il n’y a rien de plus rassurant que quand on voit des constables, des employés qui sont présents, qui peuvent intervenir au besoin, croit Kevin Grenier, président de la Fraternité des constables et agents de la paix STM (CSN).
En plus des constables présents à temps plein dans le réseau, la STM a mis en place des mesures depuis la dernière année, dont l’interdiction de flâner en vigueur jusqu’au 30 avril 2027 et la fermeture d'entrées spécifiques de certaines stations de métro, dont Atwater, De Castelnau, McGill et Square-Victoria-OACI.

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Le reportage de Davide Gentile
Identifiés par la STM comme des points de tension en raison de leur utilisation quotidienne pour des comportements indésirables, dont la consommation de drogues, ces accès ont été fermés pour une période indéterminée.
En novembre 2024, la STM a aussi mis en place un service de signalement par texto. Le SMS, il faut continuer à le faire puis faut dénoncer. Plus on va dénoncer, plus on aura des données [pour documenter le phénomène], ajoute M. Grenier.
Accès fermés pour une durée indéterminée
Atwater (accès Cabot) : fermé le 3 novembre 2025
De Castelnau (accès Nord) : fermé le 30 mars
McGill (accès De Maisonneuve) : fermé le 7 avril
Square-Victoria-OACI (accès Belmont) : fermé le 7 avril
Source : Société de transport de Montréal
Le métro, c'est un refuge pour eux
En plus du sentiment d’insécurité pour les usagers, la consommation de drogue complexifie aussi le travail des employés de la STM, que ce soit au niveau de la sécurité, de l’entretien et des travaux.
C'est difficile de travailler avec la misère humaine, concède le président du syndicat, M. Grenier. Le métro, c'est un refuge pour eux, c'est la seule place qu'ils ont.
La STM affirme aussi retrouver de grandes quantités de seringues sur les voies, ce qui pose problème pour l'entretien du réseau.
Les gens qui veulent faire des travaux doivent ramasser ces seringues-là avant de pouvoir se déplacer sur les sites de travaux, conclut M. Carignan.


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