411 chambres, une vingtaine d’étages, zéro client. Voilà le bilan d’exploitation de l’hôtel d’El Algarrobico, à Carboneras (Almería), depuis plus de vingt ans. Le 30 septembre 2026, la Junta de Andalucía a annoncé une nouvelle phase qui, selon son communiqué, ouvre la voie à la restauration des terrains, démolition de l’hôtel comprise.
Les pelleteuses, elles, ne sont pas encore là.
À retenir
- La licence de construire de 2003 a été déclarée nulle par la commune de Carboneras en juillet 2026.
- La démolition est estimée à 7,1 millions d’euros et plus de 60 000 tonnes de gravats.
- Des recours restent pendants devant le TSJA, et aucun calendrier de travaux n’est public.
Sommaire
Une procédure administrative, pas encore un chantier
Ce que la Junta a lancé n’est pas un chantier mais un dossier. La Consejería de Vivienda, Juventud y Ordenación del Territorio, par sa Direction générale de l’aménagement du territoire, a ouvert un expediente de rétablissement de la légalité territoriale. Le déclencheur date du 7 juillet 2026 : le conseil municipal de Carboneras a déclaré nulle la licence de construire accordée le 13 janvier 2003 pour le bâtiment. Aucune date de démolition effective n’a été avancée à ce stade.
Le dossier doit maintenant préciser les opérations : démantèlement des infrastructures associées à l’édifice, abattage de l’hôtel, puis restauration du terrain. Il s’appuie sur la loi andalouse LISTA, qui permet à l’administration régionale de défendre la légalité territoriale sur les sols très protégés et sur le littoral.
Rien n’est verrouillé pour autant. Plusieurs parties ont contesté la nullité de la licence devant le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie (TSJA). Le dossier reste donc exposé à un risque contentieux, et aucun calendrier de travaux n’est public.
Tant que cette licence restait en vigueur, elle bloquait toute mesure de remise en état.
Le terme choisi par la Junta n’est pas anodin. Le portail du gouvernement andalou précise que le rétablissement de la légalité territoriale va au-delà de la seule démolition du bâtiment. L’objectif est de rendre au terrain les conditions et les valeurs qui avaient motivé sa protection. Le 8 octobre, le Gouvernement espagnol et la Junta ont convenu d’avancer de manière coordonnée sur la procédure, la démolition et la récupération de l’environnement naturel.
7,1 millions d’euros et 60 000 tonnes à faire disparaître
D’après Xataka, démolir l’hôtel coûterait 7,1 millions d’euros et produirait plus de 60 000 tonnes de gravats. Rapporté aux 411 chambres, cela représente environ 17 000 euros et 146 tonnes par chambre (un calcul fait à partir de ces deux chiffres). Côté recettes, rien : sur vingt ans, ces chambres représentent près de 3 millions de nuitées jamais vendues (411 chambres multipliées par 7 300 nuits).
Le montant n’est pas neuf. Il provient d’un rapport de l’entreprise publique Tragsa, élaboré en 2012, qui estimait le coût global de la démolition et de la restauration à 7,1 millions d’euros. Une partie de l’enveloppe est destinée à remettre le site en état, le reste aux études préalables, au projet, à la direction des travaux et à la sécurité. Quatorze ans ont passé depuis, et Xataka avance que la hausse de l’énergie, de la main-d’œuvre et de la gestion des déchets a pu alourdir la facture. Ce chiffrage de 2012 pourrait donc être inférieur au coût réel d’aujourd’hui.
Le bâtiment se dresse dans le parc naturel du Cabo de Gata-Níjar.
Construit au début des années 2000, il compte 411 appartements répartis sur 21 niveaux selon l’encyclopédie collaborative Wikipédia, ce qui explique que la presse parle tantôt de 20 étages, tantôt de 21. Après les plaintes d’associations écologistes, le chantier a été paralysé et le bâtiment est devenu un symbole de la spéculation immobilière. Un hôtel pensé pour des vacanciers est ainsi resté pendant deux décennies un squelette de béton face à la Méditerranée.
Vingt ans de bataille juridique
Greenpeace, Ecologistas en Acción et WWF n’ont jamais relâché la pression, en invoquant la loi sur les côtes. Selon Xataka, l’Audiencia Nacional a aussi refusé que les administrations indemnisent le promoteur, qui réclamait 70 millions d’euros. En février 2025, le Conseil des ministres a approuvé la déclaration d’utilité publique d’une partie des terrains, étape préalable à leur expropriation puis à la démolition.
La voie retenue en 2026 est celle de la nullité de la licence. Selon Díaz, c’était la solution la plus sûre et la plus efficace pour rétablir la légalité. Le raisonnement avait reçu le soutien du secrétariat municipal et l’avis favorable du Conseil consultatif d’Andalousie avant le vote du conseil municipal.
Le dossier reste donc ouvert sur deux fronts. La Junta doit d’abord concrétiser les opérations de démantèlement, de démolition et de restauration, puis les mener à terme. Parallèlement, le TSJA doit encore se prononcer sur les recours déposés contre la nullité de la licence de 2003, ce qui peut changer le calendrier.
Sources : xataka.com | en.wikipedia.org | moncloa.com


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