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« Téméraire et irresponsable ». C'est ainsi que le juge Eric Poudrier a qualifié la conduite de Mouad Boubakra, dont le comportement au volant a entraîné la mort de son ami, Louis-José Olivier Duré, le soir du 17 octobre 2023.
Le juge Poudrier a condamné Boubakra à une peine de 30 mois de prison, lundi, au palais de justice de Montréal. En soustrayant son temps passé en détention provisoire et en ajoutant ses condamnations pour non-respect de conditions, il restera derrière les barreaux pour les 25 prochains mois.
Le Tribunal rappelle que nous ne sommes pas en présence d'un accident, écrit le juge dans sa décision. Aux yeux du Tribunal, la responsabilité morale du délinquant est complète.
Ce soir-là, Mouad Boubakra, alors âgé de 18 ans seulement et muni d'un simple permis de conduire probatoire, a fait un vol plané à bord d'une voiture de location hyper puissante, une BMW X6, sur le boulevard Louis-H.-La Fontaine, dans l'est de Montréal.
La vitesse exacte à laquelle il roulait n'a jamais pu être déterminée de façon exacte, mais un témoin a rapporté que la voiture allait si vite qu'aucun des pneus ne touch[ait] au sol. La limite sur cette voie de desserte de l'autoroute 25 est fixée à 50 km/h.
Capot enfoncé, coffre arrière éventré, roues disloquées : des photos prises peu de temps après l'impact laissent peu de doute sur la gravité de l'accident. Louis-José Olivier Duré, qui était assis sur le siège du passager, est mort dans l'embardée.

Mouad Boubakra, 18 ans, avait comme passager son ami Louis-José Olivier Duré, lorsque sa voiture de location a fait une embardée. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alain Béland
« Schéma constant du non-respect des règles »
Si Mouad Boubakra écope d'une peine sévère – son avocat, Me Anthony El-Haddad, proposait une peine d'une durée allant de 12 à 15 mois –, c'est que le juge Poudrier a pris compte du profil global du délinquant qui révèle un schéma constant du non-respect des règles.
Le juge a rappelé que Boubakra avait été remis en liberté en attente de son procès, mais qu'il a enfreint à de nombreuses reprises ses conditions de libération.
Les récidives en matière de non-respect des conditions de mise en liberté soulèvent des questions quant à sa capacité à se soumettre aux normes sociales et à un cadre légal.
Sa troisième – et dernière – offense est particulièrement évocatrice.
Le 20 octobre 2025, les policiers se sont rendus chez lui pour vérifier s'il respectait son couvre-feu. Sa mère leur a alors dit que son fils avait pris un taxi vers l'hôpital, se plaignant de démangeaisons sur le corps. Les agents sont finalement parvenus à joindre Boubakra sur son cellulaire, qui leur a dit se trouver à l'hôpital Fleury.
La suite est racontée dans la décision du juge Poirier.
Les policiers se rendent à l'hôpital Fleury et trouvent l'accusé à l'entrée [...]. L'accusé remet le billet de triage numéro A084, il est 21 h 51, relate le juge.
L'un des policiers entre à l'hôpital et apprend de l'agent de sécurité que l'accusé venait tout juste d'entrer, de prendre un numéro de manière précipitée et de ressortir 30 secondes plus tard. Pour preuve, le policier tire le billet suivant, qui porte le numéro A085.
C'est après cet événement que le juge a pris la décision de l'envoyer en prison, où il se trouvait depuis.
Mouad Boubakra a d'ailleurs plaidé coupable de ces non-respects de conditions, qui ont ajouté trois mois de détention à sa peine.


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