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Au début des années 2000, les commerçants du bas de la ville de Sept-Îles rejetaient l'idée de se regrouper pour revitaliser leur quartier. Aujourd'hui, alors que la Ville déploie des outils d'urbanisme et que de nouveaux propriétaires reprennent le flambeau, des commerçants croient que le secteur possède un potentiel sous-exploité.
David Lavoie-Bisson est l’un des nouveaux propriétaires du Pub St-Marc, un choix motivé par le cachet et l’énergie de ce bâtiment chargé d’histoires. Si l'entrepreneur constate que le secteur est de plus en plus revitalisé, il estime toutefois qu'il manque encore un petit quelque chose.

David Lavoie-Bisson croit au potentiel du bas de la ville de Sept-Îles.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Selon lui, le bas de la ville manque d’une offre commerciale de proximité composée de petits commerces spécialisés, comme une boulangerie ou un café. Il plaide aussi pour l'organisation d'événements rassembleurs qui pourrait développer l’attrait touristique du quartier.
Il y a cinq ans, la propriétaire de la Librairie Côte-Nord, Valérie Morais, a déménagé son commerce dans le bas de la ville, attirée par l'idée d'avoir pignon sur rue.
Je me rends compte que c'est une rue beaucoup plus piétonne, note-t-elle, soulignant que le quartier, situé entre zones résidentielles et commerciales, a besoin d'amour. Elle imagine un secteur plus vert, où les commerçants soigneraient davantage l'aspect extérieur de leurs bâtiments.

Valérie Morais aimerait voir davantage d'espaces verts dans le secteur commercial.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Toutefois, l'enjeu le plus critique soulevé par David Lavoie-Bisson est le vieillissement de certains commerces. J'ai l'impression que les jeunes n'ont pas accès à l'information sur comment se lancer en affaires, analyse-t-il.
Lui-même avoue qu'il n'aurait pas pu réaliser son projet sans un bon mentorat. Pour éviter que le bas de la ville ne se vide, David Lavoie-Bisson suggère une meilleure pédagogie et un accompagnement accru pour les futurs entrepreneurs.
Un rendez-vous manqué
À la fin des années 1990, un comité de revitalisation a été formé pour redynamiser ce secteur par la création d’une Société de développement commercial (SDC). Toutefois, les commerçants de l'époque ont voté contre l'initiative lors d’un référendum, refusant de payer la cotisation exigée par l'organisme.
Armand Charette, propriétaire de la mercerie du même nom, faisait partie du comité. Aujourd’hui, il témoigne d’une certaine amertume. Selon lui, une SDC aurait permis d’éviter une dévitalisation du secteur.
On est rendu de moins en moins de commerces dans le bas de la ville, ce qui est très malheureux parce qu'on aurait pu faire quelque chose d’intéressant.

Selon Armand Charette, le besoin d'un regroupement de commerçants reste d'actualité.
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
La Ville de Sept-Îles avait d’ailleurs appuyé l’initiative proposant de verser 180 000 dollars à la Société de développement commercial, étalé sur trois ans.
De nos jours, la Municipalité continue d'appliquer son Programme particulier d'urbanisme (PPU), adopté en 2014, pour le bas de la ville. Selon la directrice du service d'urbanisme de la Ville de Sept-Îles, Marie-Claude Dubé, ce document de planification permet d'avoir une vision précise pour le secteur.
C'est de ce plan que découlent plusieurs aménagements récents, comme la transformation de la rue Arnaud avec l'ajout d’un sens unique, de trottoirs de bois et de pistes cyclables.
Des crédits de taxes ont aussi été offerts pour stimuler des rénovations majeures. C'est davantage une vision, une importance que la Ville et que le conseil municipal donne à ce secteur, explique Marie-Claude Dubé.
Si désormais, Armand Charette pense plus à la retraite qu’au futur , il croit que le bas de la ville mériterait, encore aujourd'hui, un tel projet.


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