226,52 m de long, 68 490 m³ de gaz : le LZ 114 était un monstre de duralumin et de toile vernie, conçu pour aller frapper New York. L’Allemagne l’a construit pour bombarder la ville, la France l’a hérité, et sa carcasse principale n’a jamais été retrouvée au large de la Sicile.
Aucune bombe n’est jamais tombée sur Manhattan.
À retenir
- Le Dixmude était un dirigeable allemand de 226 m destiné à bombarder New York, construit pendant la Première Guerre mondiale.
- Sous pavillon français, il établit un record du monde en septembre 1923 avec 118 h 50 de vol continu et 7 200 km parcourus.
- Le dirigeable a coulé le 21 décembre 1923 au large de la Sicile lors d’un orage, tuant les 50 personnes à bord sans que l’épave principale ne soit jamais retrouvée.
Sommaire
Un bombardier transatlantique tombé dans le camp d’en face
Dans la marine impériale allemande, il s’appelait L 72. Les ingénieurs de Zeppelin l’avaient construit pendant la Grande Guerre avec une idée fixe : atteindre New York et la bombarder. Son volume équivaut à environ 27 piscines olympiques, et il fut le dernier Zeppelin bâti pendant le conflit. La mission transatlantique n’a jamais été tentée, faute de temps avant l’armistice.
Le 11 juillet 1920, l’appareil est remis à la France au titre des réparations de guerre. La Marine nationale le rebaptise Dixmude le 6 octobre 1920, en mémoire des marins français morts à Diksmuide en 1914.
La suite ressemble moins à une épopée qu’à une longue attente administrative. Le budget de la Marine est étriqué, et il faut dénicher 2 millions de francs pour remplacer les ballonnets. L’officier Jean du Plessis de Grenédan plaide sans relâche pour ce type d’appareil, et les vols ne reprennent qu’en août 1923.
Le record du monde de septembre 1923
Du 25 au 30 septembre 1923, le Dixmude reste en l’air 118 h 50, soit près de cinq jours. Il parcourt 7 200 km, plus que la distance qui sépare Paris de New York. Ces deux chiffres lui offrent le record du monde de durée et de distance en dirigeable, qu’il arrache aux Britanniques.
Le bombardier de New York détenait un record du monde, sous pavillon français.
Six vols très concluants plus tard, la Marine tient son fleuron. Le septième doit tester l’appareil au-dessus du Sahara, avec un retour par la Tunisie puis la Sicile. À bord, 40 membres d’équipage et 10 passagers, parmi lesquels deux frères, Adrien et Henri Roustan, 31 et 29 ans.
Une nuit d’orage, 50 morts, aucune épave
Le 21 décembre 1923, le Dixmude traverse un orage au large de la Sicile. Un premier message radio signale la tempête à 1h21, un second à 2h08 annonce que l’antenne a dû être rentrée. Ensuite, plus rien. Un témoin raconte avoir vu un éclair frapper un nuage, une lueur rouge à l’intérieur, puis quatre objets enflammés tomber.
Les 50 personnes à bord périssent.
La mer ne rend presque rien. Le 26 décembre, des pêcheurs remontent dans leur filet le corps du commandant du Plessis de Grenédan. Quatre mois plus tard, c’est celui du quartier-maître radio Guillaume qui est retrouvé. On repêche aussi deux réservoirs d’aluminium marqués « 75 L-72 », qui trahissent l’ancien nom allemand du navire, ainsi que des débris.
Les 48 autres corps n’ont jamais été retrouvés.
La cause exacte reste une hypothèse, pas une certitude. La foudre est le scénario le plus souvent retenu, avec une inflammation de l’hydrogène contenu dans les ballonnets, mais aucune expertise sur l’épave n’a pu le confirmer, puisque l’épave principale n’a jamais été localisée. Le Dixmude s’est donc abîmé trois mois à peine après son record.
À Pierrefeu, dans le Var, près de la base de Cuers d’où il décollait, un monument honore la mémoire des 50 disparus.
Sources : clg-roustan.ac-nice.fr | provence7.com


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