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2,20 mètres pour un seul fémur : dans une carrière de Charente, entre Cognac et Angoulême, dormait un sauropode estimé à 40 m de long et 50 tonnes

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À retenir

  • Un fémur de 2,20 m a été extrait d’une carrière d’Angeac-Charente.
  • Le sauropode est estimé à environ 40 m de long pour 50 tonnes.
  • Le site était un marécage subtropical peuplé de crocodiles, tortues et poissons.

Sommaire

  1. Une vertèbre, puis un fémur plus haut qu’un homme
  2. Le bas d’un autre fémur, plus gros d’un quart
  3. Un marécage charentais au temps des sauropodes

Une vertèbre, puis un fémur plus haut qu’un homme

Un fémur de 2,20 m dépasse la taille d’un homme adulte. Celui d’Angeac-Charente est sorti d’une argile compacte, et Ronan Allain, paléontologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), le décrit comme le plus grand jamais retrouvé au monde. C’est l’avis d’un chercheur, pas un record homologué : d’autres sources se contentent d’écrire « l’un des plus grands ».

Tout est parti d’une simple vertèbre.

À l’été 2008, dans une carrière entre Cognac et Angoulême, des carriers butent sur un os hors norme. Les spécialistes y reconnaissent ensuite une vertèbre de dinosaure sauropode, quatre fois plus grosse que celle d’un mammouth d’après le récit de la découverte. Les ossements eux-mêmes n’apparaissent qu’en janvier 2010.

Sous l’argile, les fouilleurs dégagent un fémur de sauropode long de 2,20 m. Allongé à côté de l’un d’eux, il le dépasserait d’une quarantaine de centimètres. Un os de cette taille ne se soulève pas comme un galet : on l’enveloppe généralement dans une coque de plâtre avant de le sortir du sol, car les grosses pièces ont tendance à s’effondrer sur elles-mêmes et à se fragmenter, comme le rappelle Ronan Allain. Le musée d’Angoulême, dont le conservateur Jean-François Tournepiche coordonne les campagnes avec le paléontologue du MNHN, est associé au chantier depuis le début des fouilles en 2010.

Le bas d’un autre fémur, plus gros d’un quart

Le premier fémur n’était pas le seul. Les fouilleurs ont aussi mis au jour le bas d’un second fémur, une pièce environ 25 % plus grosse que celle de 2,20 m.

À partir de ces os, les chercheurs ont projeté la taille de l’animal : environ 40 m de long pour quelque 50 tonnes. Quarante mètres, c’est plus de trois autobus articulés bout à bout. Cinquante tonnes, c’est à peu près dix éléphants d’Afrique adultes, en comptant 5 tonnes par bête.

Ces chiffres restent des estimations, bâties sur des morceaux d’animal et non sur un squelette complet. Ronan Allain lui-même parle d’animaux qui « probablement » pesaient 40 à 50 tonnes. Pour un ensemble d’os de l’arrière-train découvert à proximité, il avançait en 2019 une longueur d’une trentaine de mètres. La fourchette dépend donc des os retenus, et elle bougera sans doute encore à mesure que les pièces seront comparées entre elles.

Un marécage charentais au temps des sauropodes

Le géant n’avait rien d’un habitant des plaines sèches. Selon les chercheurs, le site d’Angeac était un milieu humide et subtropical, « un peu comme les bayous du sud des États-Unis », dit Jean-François Tournepiche. Un cours d’eau le traversait, bordé de grands conifères, et batraciens, crocodiles, tortues et poissons peuplaient le marécage. L’herbivore de 40 m y vivait donc au milieu d’une faune que l’on croise aujourd’hui dans les eaux troubles de Louisiane.

Environ 2 000 os, après seulement trois campagnes de fouilles.

L’âge du gisement dépend de la source : 140 millions d’années pour franceinfo, 130 millions pour la RTBF. Cet écart reflète la difficulté de dater des couches sédimentaires, et c’est pourquoi on évite de le figer dans un titre. Les fouilles se poursuivent chaque été, avec une quarantaine de personnes réunissant bénévoles, étudiants et professionnels.

En 2019, un fouilleur sort un autre fémur de plus de 2 m.

Celui-ci pèse plus de 500 kg selon les comptes rendus de l’époque, et il est en excellent état : on y distingue les cicatrices laissées par les muscles et les tendons. À l’été 2019, le site avait livré plus de 7 500 os de 45 espèces de vertébrés, dont les derniers stégosaures connus et des dinosaures « autruches ». Au même moment, le MNHN disposait de plus de 50 % d’un sauropode complet, un squelette composite assemblé à partir de plusieurs individus. Le musée d’Angoulême a consacré à ces dinosaures l’exposition « Dinosaures, les géants du vignoble », présentée du 20 mai au 31 décembre 2017.

Sources : fr.wikipedia.org | futura-sciences.com

L'équipe Sciencepost

Rédigé par L'équipe Sciencepost

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