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17 octobre : à Limoges, les images de l’effondrement du clocher de l’hôtel de ville datant de 1883

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France 17/10/2026 22:28 Actualisé le 17/10/2026 22:37

Selon le maire de la commune et le préfet de Haute-Vienne, l’édifice, attaqué en marge de la manifestation contre la « vie chère », est « en grande partie perdu ».

Par Vincent Gibert avec AFP

La mairie de Limoges incendiée en marge de la manifestation contre la « vie chère », le 17 octobre 2026.

MELAINE PAYZAL / AFP

La mairie de Limoges incendiée en marge de la manifestation contre la « vie chère », le 17 octobre 2026.

Dans toute la France, la journée de mobilisation contre la « vie chère » a réuni des centaines de milliers de personnes ce samedi 17 octobre, mais s’est conclue par des affrontements et des scènes de chaos d’une intensité rare.

Parmi les actions violentes des « casseurs », plusieurs mairies ont été attaquées et certains manifestants ont réussi à s’y introduire, comme cela a notamment été le cas à Marseille, Lille ou Angers.

À Limoges, tout est allé bien plus loin puisque l’hôtel de ville, édifice du 19e siècle, a été incendié par des individus radicaux en fin de manifestation. Il est « très lourdement endommagé » et « en grande partie perdu », ont estimé dans la soirée le maire de la commune et le préfet de Haute-Vienne.

« Le toit s’est effondré sur les étages inférieurs, sauf dans l’aile ouest, et les deux tiers de la façade ont déjà disparu », a déclaré à l’AFP le représentant de l’État, Maurice Barate, évoquant une « catastrophe patrimoniale » et dénonçant un « acte volontaire de casseurs, pas de manifestants ». « Ils ont mis le feu à un bâtiment dans lequel se trouvaient des personnes, des élus, des policiers municipaux et des agents dans les services », a-t-il souligné, précisant qu’aucun n’a été blessé.

Plusieurs vidéos (à voir ci-dessous) publiées sur les réseaux sociaux ont notamment montré le moment où le campanile (souvent appelé clocher ou beffroi), qui dominait à 43 mètres de haut, s’est effondré.

« Le feu est en train de continuer d’avancer, le vent en plus n’aide pas, le beffroi s’est effondré tout à l’heure, donc la mairie est très très lourdement endommagée », a complété le maire, Guillaume Guérin (LR), très ému, lors d’une conférence de presse dans les locaux de la métropole, qu’il préside.

Une architecture inspirée de l’hôtel de ville de Paris

Sur place, des centaines de personnes regardaient, entre colère et désarroi, le brasier ravager l’édifice inauguré en 1883 et à l’architecture inspirée de l’hôtel de ville de Paris. Une employée de la mairie était en pleurs dans les bras d’une élue.

Sur X, plusieurs personnes ont aussitôt partagé des photos de la mairie « d’avant », pour rappeler à quoi elle ressemblait.

Environ 5 000 personnes, dont plusieurs centaines d’individus « radicalisés et extrêmement violents » selon le préfet, ont participé à la manifestation organisée dans le cadre de la journée nationale de mobilisation.

De premiers heurts ont opposé ces derniers aux forces de l’ordre, qui ont fait face à « une pluie de projectiles », aux abords de l’autoroute que la foule cherchait à investir. « Des automobilistes ont été pris à partie, un pare-brise cassé », a détaillé le préfet.

La mairie a ensuite été prise pour cible, des individus brisant des vitres pour s’introduire à l’intérieur et mettre le feu, avant de s’attaquer à la préfecture, tandis que « des pillards d’opportunité » s’en prenaient à des commerces du centre-ville, selon la même source.

« Les policiers nationaux n’avaient plus suffisamment de moyens de désencerclement, ils n’avaient plus la capacité de contenir le millier de fous furieux, anarchos, d’ultra-gauche, de nervis sur les boulevards », a fustigé Guillaume Guérin.

Selon lui, des policiers municipaux ont réussi à s’extraire de la mairie « au moment où ces barbares sont rentrés en leur expliquant qu’ils allaient les tuer (...) ce sont les termes qui ont été utilisés ce soir ». « Il y a des responsabilités qu’il faudra aller chercher mais en tout cas elles ne sont pas du côté des policiers. »

« Ce n’est pas de la bêtise, c’est de la haine, c’est de la haine du drapeau français (...) C’est la haine des institutions, c’est la haine des proviseurs de lycées, c’est la haine des flics, c’est la haine des élus, c’est la haine de tout ce qui incarne l’autorité. Ce n’est pas des petits délinquants qui ont fait ça, ce sont des gens très méthodiques », a martelé l’édile.

Quatre voitures de la police nationale et deux de la police municipale ont été brûlées ou fortement endommagées lors de ces violences.

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