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Le Yémen a replongé dans la guerre en juillet après plusieurs années d’accalmie, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran.

Vue du détroit de Bab Al-Mandab (Yémen), le 12 septembre 2026. Vue du détroit de Bab Al-Mandab (Yémen), le 12 septembre 2026.

Les houthistes du Yémen frapperont les intérêts américains dans la région en cas de soutien des Etats-Unis à l’Arabie saoudite ou d’une intervention dans le détroit de Bab Al-Mandab, a averti un conseiller militaire du mouvement pro-iranien dans un entretien à l’Agence France-Presse.

Si les Etats-Unis « osaient soutenir l’Arabie saoudite par des frappes aériennes ou un appui aérien (…) nous considérerions tous les intérêts américains autour de nous comme des cibles », a déclaré Abed Mohammed Al-Thawr, conseiller du ministre chargé de la défense dans le gouvernement autoproclamé des combattants houthistes.

Le conseiller militaire a également qualifié de « ligne rouge » une éventuelle intervention américaine dans le détroit de Bab Al-Mandab. Ce passage reliant l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez, déjà très emprunté avant la guerre au Moyen-Orient, est devenu encore plus important pour le commerce mondial et notamment pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, depuis que l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz de l’autre côté de la péninsule Arabique.

Dix morts et 14 blessés en vingt-quatre heures

Le Yémen a replongé dans la guerre en juillet après plusieurs années d’accalmie, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. Les houthistes, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, ont progressé sur la côte ouest en quelques jours et renforcé leur contrôle sur le détroit de Bab Al-Mandab.

Ils ont aussi frappé l’Arabie saoudite, alliée du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, et notamment Ryad samedi dernier. Selon des médias américains, Donald Trump a refusé d’ordonner des frappes contre les houthistes à la demande de l’Arabie saoudite – à la peine face à ces combattants malgré sa puissance militaire.

Dimanche, selon Fox News, le président américain a affirmé que les houthistes avaient accepté de ne pas s’en prendre aux Etats-Unis, comme pour justifier sa décision de ne pas les frapper. Le royaume saoudien a de son côté riposté avec des frappes régulières sur les zones du Yémen contrôlées par les houthistes, sans parvenir pour l’heure à les faire reculer.

Les frappes menées au Yémen par l’Arabie saoudite, alliée du gouvernement yéménite, ont fait dix morts et 14 blessés parmi la population ces dernières vingt-quatre heures, a rapporté mercredi la télévision des houthistes. « Huit civils ont été tués et 11 autres ont été blessés dans la province de Taëz, tandis que deux civils ont été tués et trois autres blessés à Al-Jawf », a annoncé la chaîne Al-Massirah, en citant le ministère chargé de la santé des houthistes.

Les combats ont déjà fait des centaines de morts depuis septembre, selon des sources au sein des houthistes et des forces gouvernementales. La guerre au Yémen a éclaté en 2014 quand les houthistes ont pris le contrôle de la capitale, Sanaa, puis d’autres régions, déclenchant en 2015 une intervention militaire menée par l’Arabie saoudite. Une trêve avait été conclue en 2022 mais les combats ont repris en juillet.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Qui sont les houthistes du Yémen ?

Le Monde avec AFP