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Il y a des jours comme ça où l'on ferait mieux de rester au lit. Pour l'Armée populaire de libération (APL), samedi 24 janvier a marqué le début d'un grand ménage qui aura des répercussions majeures. Tandis que 29 avions de chasse et 6 navires de guerre s'en allaient provoquer Taïwan (une distraction habituelle pour les pilotes de Pékin), un séisme bien plus dévastateur secouait la Commission militaire centrale (CMC).
Le général Zhang Youxia, vice-président de la commission et, accessoirement bras droit de Xi Jinping, a été poussé vers la sortie. Il n'est pas le seul puisque Liu Zhenli, le chef d'état-major, a lui aussi fait ses cartons. Motif officiel? Corruption. Motif officieux? Une non-soumission totale, un péché capital dans la Chine de Xi Jinping dont l'objectif est d'avoir sous ses ordres une armée totalement soumise et obéissante, sans aucune contradiction.
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Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, Xi Jinping a déjà remercié (de différentes manières) au moins 80 officiers de haut rang, mais le rythme s'accélère. Selon un décompte du Financial Times, au moins 50 licenciements ont eu lieu depuis 2023.
Zhang et Liu n'étaient pourtant pas de simples figurants, mais les acteurs principaux de la modernisation de l'armée, censés la transformer en une force de classe mondiale, capable de tenir tête aux Américains d'ici 2049. En les évinçant, Xi décapite la structure de commandement chargée depuis des années de préparer l'invasion de Taïwan, prévue par les services de renseignement américains à l'horizon 2027.
Certains analystes suggèrent que ce grand coup de balai va retarder les ambitions expansionnistes de Pékin. On n'envahit pas une île fortifiée quand on est en train de réorganiser tout son organigramme tous les quatre jours. «Ils ne peuvent pas être prêts pour 2027 dans ces conditions», glisse un officiel du renseignement asiatique.
Si les anciens comme Zhang Youxia préféraient peut-être une montée en puissance lente et préventive jusqu'en 2035, les remplaçants, plus jeunes, sont d'un autre tempérament. Ces jeunes requins doivent tout à Xi Jinping et se montreront bien plus dociles.
La question est simple: Xi Jinping a-t-il viré ses généraux parce qu'ils étaient corrompus, ou parce qu'ils osaient lui dire que ses plans pour Taïwan étaient suicidaires? Si vous penchez pour la réponse B, alors le danger change de nature. Une armée dirigée par des exécutants dévoués, pressés de plaire au patron, est une armée capable de prendre des risques inconsidérés.
Pour l'instant, l'APL continue ses missions aériennes au-dessus du détroit de Taïwan, histoire de montrer que la boutique reste ouverte. Dans la manœuvre, Xi Jinping a peut-être renforcé son contrôle sur ses forces armées, mais il reste à voir s'il ne l'a pas transformé en géant aux pieds d'argile, pétrifié par la peur de la prochaine purge.





























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