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Si le nom de Jackie Robinson, la légende du baseball, vous dit quelque chose, qu’en est-il de ceux de Johnny Wright et de Roy Paltrow ? Ces derniers sont pourtant deux de ses contemporains.
Force est de constater, leur passage dans la Ligue internationale n’a pas marqué l’histoire comme l’a fait celle de Robinson.
Pourtant, ils sont des pionniers de l’intégration des personnes noires dans ce milieu qui, à l’époque, était appelé le baseball blanc.
Avertissement :
Ce texte contient le nom d'une ligue sportive de l'époque pouvant être jugé offensant par une partie de notre auditoire. La terminologie est utilisée dans ce texte par souci d'exactitude.
Et ils l’ont fait, en portant les couleurs des Royals de Trois-Rivières.
C’est pour dire que deux des cinq premiers joueurs noirs de la Ligue internationale ont joué dans la ville mauricienne.
Des Negro Leagues, à Montréal, puis à Trois-Rivières
Les années 40 ont été un moment décisif pour la ségrégation dans le monde du Baseball. En 1945, Jackie Robinson signe son contrat avec les Royaux de Montréal, le club-école des Dodgers de Brooklyn, et intègre l’équipe montréalaise en 1946, faisant de lui le premier noir à jouer dans la ligue réservée aux Caucasiens.
Un fait moins connu, deux autres joueurs provenant des Negro Leagues américaines intègrent l’équipe montréalaise, dans la même saison, soit Johnny Wright et Roy Paltrow.
L’histoire raconte que Wright aurait été amené dans l’équipe comme allié pour Robinson, afin qu’il ne soit pas le seul joueur de couleur dans l’équipe. Paltrow a été recruté un peu plus tard.

Après leur arrivée au Canada, Johnny Wright et Jackie Robinson n'ont joué ensemble qu'à quelques reprises. (Photo d'archives)
Photo : Musée du Baseball Fernand Bédard
Ces arrivées marquantes s'inscrivent dans La grande expérience menée par le directeur des Dodgers de Brooklyn, Branch Rickey, qui, lassé de se priver des talents des joueurs afrodescendants talentueux, a décidé de changer la donne.
Au Canada, les tensions raciales étaient moindres qu’aux États-Unis. C'est d'ailleurs pour ça qu’ils ont été envoyés à Montréal, souligne Bob McDuff, cofondateur du musée du baseball Fernand Bédard.
Mais l'entraîneur de l'équipe n'a pas donné des conditions faciles à ces derniers, explique l’amateur de baseball. Il faisait exprès de les faire lancer dans deux des villes les plus racistes des États-Unis, dans le temps, soit Baltimore et Syracuse.
Selon lui, l’intimidation vécue par les joueurs, tant par les partisans américains que par les journalistes, aura largement contribué au mauvais départ de Wright et de Paltrow dans l’équipe de la métropole.

Roy Paltrow intégré la formation des Royaux de Montréal après Johnny Wright et Jackie Robinson, avant d'être rétrogradé aux Royals de Trois-Rivières. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté du Musée du Baseball Fernand Bédard
Ils sont rapidement rétrogradés pour intégrer une filière inférieure, celle des Royals de Trois-Rivières.
L’arrivée des deux joueurs a créé une onde de choc, explique M. McDuff. Les gens étaient curieux, ils n’avaient jamais vu ça. Ça attirait les gens dans les stades, admet-il.
Ça devrait être une fierté pour Trois-Rivières
Les partisans du baseball trifluvien le savent, 1946 a également été une année marquante pour l’équipe. Avec l’apport des deux joueurs afrodescendants, les Royals de Trois-Rivières ont gagné le championnat de leur ligue.
Ce sont ces deux joueurs qui ont amené le championnat, à Trois-Rivières, parce que dans les séries, ils ont été extraordinaires, tient à rappeler M. McDuff.
Pourtant, le passage des deux joueurs, tant dans la ligue, qu’à Montréal, ou en Mauricie, est peu documenté.
Ça devrait être une fierté pour Trois-Rivières!
La même année, l’équipe de Montréal a elle aussi remporté son championnat, avec Jackie Robinson, qui a été le meilleur joueur de la formation.
Les succès remportés par les équipes de Montréal et de Trois-Rivières valident certainement la grande expérimentation menée par Branch Rickey.
Des prédécesseurs oubliés
Ce pan de l’histoire a donc précédé l’année emblématique où Jackie Robinson a fracassé la barrière de couleur dans la ligue majeure avec les Dodgers de Brooklyn, en 1947.
Trois-Rivières fait partie de ce narratif, ce qui remplit M. McDuff de fierté .

La rumeur dit que Johnny Wright a été amené à Montréal pour afin que Robinson ne soit pas le seul joueur afrodescendant dans l'équipe.
Photo : Musée du Baseball Fernand Bédard
Néanmoins, les carrières de Wright et de Paltrow auront connu un dénouement différent de celle de Robinson, qui deviendra l’un des joueurs les plus connus du baseball américain, et l’un des visages marquants du mouvement des droits civiques.
Paltrow, qui était initialement peu enchanté à l’idée de venir jouer à Trois-Rivières, aurait tellement aimé l'accueil des Mauriciens, qu’il reviendra jouer au Québec en fin de carrière.

Dans les années 50, Roy Paltrow fait un retour au jeu dans la province, au sein de l'équipe provinciale de Granby.
Photo : Musée du Baseball Fernand Bédard
Wright a pris sa retraite du baseball en 1947, après un retour dans la ligue réservée aux joueurs noirs. Il a ensuite travaillé dans une usine américaine, loin du monde du baseball. Selon plusieurs, ses collègues ignoraient son passé dans ce sport.


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