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Construire une aile francophone dans l’école secondaire anglophone de Woodstock. C’est ce que propose le conseil municipal au gouvernement du Nouveau-Brunswick, plutôt que d’y établir une école francophone.
Dans une récente lettre adressée à la ministre de l’Éducation, la mairesse de Woodstock assure que le nombre d'élèves de langue maternelle française dans le comté de Carleton est très faible.
Nous estimons également qu'une école distincte pourrait avoir des répercussions négatives sur la viabilité d'un programme d'immersion française de qualité dans les écoles anglophones, écrit Trina Jones.

Le gouvernement provincial veut construire une école francophone à Woodstock, des conseillers municipaux doutent qu'il y ait assez d'élèves pour la remplir.
Photo : Radio-Canada / Frederic Cammarano
Enfin la mairesse de cette municipalité, où 90 % des résidents ne maîtrisent que l'anglais, craint que l’ajout d’une nouvelle école ne vienne aggraver la fragmentation existante entre les jeunes.
Ce n’est pas la première fois que le conseil municipal fait part de ses interrogations concernant la construction d’une école francophone sur le territoire de la municipalité.
Dans sa lettre, plutôt que de construire une nouvelle école, la mairesse propose de créer une aile francophone ou une extension au sein de l’école secondaire de Woodstock. Une autre avenue avancée est de renforcer et stabiliser les parcours d'immersion française de la maternelle à la 12e année.
Radio-Canada a demandé une réaction de la part du gouvernement et est en attente d’une réponse.

La ministre de l'Éducation, Claire Johnson, le mercredi 3 décembre.
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Quand la construction de cette école avait été annoncée en décembre, la ministre de l’Éducation avançait que, selon Statistique Canada, il existe un nombre suffisant d’élèves ayant droit à une éducation en français dans cette région.
Claire Johnson précisait alors que la province a le devoir d’évaluer une nouvelle école francophone pour respecter ses obligations linguistiques.
Woodstock devrait se mêler de ses affaires, selon un expert
Le professeur émérite de droit à l’Université de Moncton, Michel Doucet, explique que les municipalités n’ont pas leur mot à dire concernant un droit constitutionnel à l’éducation en français.
La municipalité de Woodstock devrait se garder une petite gêne dans ce dossier-là. Ce n’est pas à elle de prendre cette décision-là. C’est pas à elle non plus de s’objecter à ce qu'une école de langue française soit construire, a-t-il expliqué lors d'une entrevue au Téléjournal Acadie jeudi soir.
Pour Michel Doucet, les propositions avancées par le conseil municipal de Woodstock ne passeraient pas le test de l’article 23 [de la constitution, qui donne le droit à l'instruction dans la langue de la minorité].

Le juriste Michel Doucet.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Il explique que la construction d’une aile francophone dans une école anglophone s’est déjà vue en Saskatchewan, de manière temporaire, le temps de construire une école de langue française séparée.
La situation avait malgré tout abouti à une décision de justice pour délimiter les espaces anglophones et francophones au sein de l’école. Selon lui, cela serait bien plus simple de construire une école séparée.
Le chiffre de 250 ayant droits avancé
Le juriste explique qu’on lui a présenté des chiffres de 250 élèves ayant droit à une éducation en français. Ce chiffre avait également été avancé par l’ancien directeur général du District francophone du Nord-Ouest, Luc Caron.
Il raconte que dans les années 1990, des parents de la région de Woodstock l’avaient contacté pour savoir quelle démarche faire pour que leur enfant ait droit à une éducation en français, compte tenu que l’école francophone la plus proche est à Fredericton, à une heure de route. Il déplore que la situation n'ait pas évolué depuis.
C’est n’est pas acceptable qu’il y ait encore aujourd’hui au Nouveau-Brunswick une région où l’éducation en français n’est pas accessible pour les parents francophones.
Il rappelle que des francophones se sont installés à Nackawic, à une demi-heure de Woodstock, pour y travailler dans les années 1970. Selon lui, il pourraient participer au bassin d'ayant droits.
Avec des informations de Karine Godin, du Téléjournal Acadie


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