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Les conseillers municipaux de la ville de Woodstock sont dubitatifs quant à la décision du gouvernement de construire une école francophone dans la ville. Ils vont demander à la province sur quels éléments elle s'est basée pour prendre cette décision.
Lors de la présentation du dernier budget en immobilisation début décembre, Fredericton surprenait en annonçant la construction d’une école francophone à Woodstock, une municipalité où 90 % des résidents ne maîtrisent que l'anglais.
La ministre de l’Éducation expliquait alors que, selon Statistique Canada, il existe un nombre suffisant d’élèves ayant droit à une éducation en français dans cette région.

Claire Johnson, ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance.
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Elle rappelait que le gouvernement doit évaluer une école francophone pour respecter ses obligations linguistiques.
On réalise qu’il y a potentiellement assez d’ayant-droits là qui méritent une investigation plus profonde, disait Claire Johnson.
Cette école faisait également partie des projets prioritaires soumis à la province, selon le directeur général du District scolaire francophone Nord-Ouest.
Un gaspillage total d’argent
Toutefois les conseillers municipaux de la Ville, eux, sont perplexes. Lors du conseil municipal du 16 décembre, plusieurs mettent en doute le fait qu’il y ait un nombre suffisant de francophones dans la région pour remplir une école.
La conseillère Julie Calhoun-Williams explique qu’elle a entendu de la confusion parmi la population. Ce n’est pas une école d’immersion. C’est une école francophone pour des élèves qui viennent de familles francophones en priorité.
Quiconque a grandi dans cette ville, vit toujours ici, sait que ces familles se comptent au grand maximum sur les doigts de deux mains.
Elle s’interroge donc à savoir qui va fréquenter et travailler dans ces écoles. Un avis partagé par de nombreux autres conseillers, comme Christa McCartney qui se demande si ce sont des investissements appropriés quand il manque déjà de personnel dans les cafétérias des écoles anglophones de la ville, et que certains établissements nécessitent des travaux et d’autres débordent.
Norm Brown, un autre conseiller, explique que de nombreuses personnes ont pensé qu’il s’agissait d’une blague quand le gouvernement a annoncé la construction de cette école francophone.

Le gouvernement provincial veut construire une école francophone à Woodstock, des conseillers municipaux doutent qu'il y ait assez d'élèves pour la remplir.
Photo : Radio-Canada / Frederic Cammarano
Il souligne que, si cette école devait voir le jour, elle nécessiterait l’extension du système d’autobus scolaire avec des conducteurs francophones dont il doute de l’existence à l’échelle locale. Selon lui, le nombre d’élèves serait minuscule, il n’y aurait pas d’équipes sportives, pas de bibliothèque, faute de personnel.
Norm Brown estime qu’il s’agit d’un gaspillage total d’argent.

Trina Jones, mairesse de Woodstock au Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sam Farley
La mairesse, Trina Jones, croit pour sa part que cette école francophone pourrait avoir des conséquences néfastes. Ajouter une autre école dans notre région risquerait de diviser davantage notre jeunesse, a-t-elle avancé. Je n'ai pas entendu de commentaires positifs sur le dossier, a-t-elle ajouté
En décembre, le député de Woodstock-Hartland et ancien ministre de l’Éducation, doutait lui aussi du besoin d’une école francophone dans le secteur. Bill Hogan soutenait toutefois que si les données recueillies par le ministère de l'Éducation montraient son intérêt, cela sera justifié.

Le député de Woodstock-Hartland, Bill Hogan. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Tous les conseillers ont voté pour écrire une lettre à Fredericton afin de demander sur quels chiffres le gouvernement se base pour vouloir construire cette école dans la ville.
Ils y feront part de leurs préoccupations évoquées pendant le conseil municipal. Cette lettre doit être envoyée au cours du mois de janvier.


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