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La Municipalité de Wickham n'envoie plus ses publicités, ses avis publics et ses communications officielles à l’Express de Drummondville, car elle considère que ce média local « manque de rigueur ». Les demandes d’entrevue des journalistes sont également refusées jusqu’à ce que le journal soit plus « professionnel », indique sa mairesse. Une décision dénoncée par le média et par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).
Les élus de Wickham ont adopté une résolution à l’unanimité lors du conseil municipal du 15 décembre pour privilégier d’autres médias jusqu’à nouvel ordre, tel que d'abord rapporté par TVA Nouvelles.
On a convenu qu’on voulait faire une pause de ce journal-là pour diverses situations, divers articles de journaux qui nous ont apparu manquer de rigueur, manquer de contrepartie, ce qui a alimenté le négativisme dans notre communauté, explique la mairesse, Luce Daneau. Selon elle, l’Express a déjà diffusé des informations fausses.
Wickham souhaite envoyer un message au journal, en lui demandant d’être plus exact, souligne la mairesse. Questionnée à savoir si c’est le rôle des municipalités d’envoyer un tel message, Luce Daneau a précisé qu’elle était souvent appelée à commenter et à expliquer plusieurs enjeux municipaux, et qu’elle était par conséquent directement touchée par la couverture journalistique de l’Express.

Luce Daneau a été élue par acclamation pour un nouveau mandat, en novembre. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas
Ça nous concerne directement. Si on est insatisfait d’un service, ça nous regarde, forcément. C’est comme si on n’est pas satisfait d’un magasin, ça se peut qu’on aille dans un autre magasin et qu’on y revienne plus tard.
L’Express semble être en réorganisation, il y a des gens qui sont partis, ajoute l’élue. Je veux voir si le journal va prendre un essor plus journalistique, s’il va présenter ce qu’on attend des articles de presse, avec plus de contrepartie.
Les journalistes de l’Express auront accès aux séances du conseil et pourraient être invités aux futures conférences de presse de la Municipalité, note la mairesse. Ils peuvent aussi obtenir les informations publiques comme à l’habitude, par le biais d’une demande d’accès à l’information. On ne les empêche pas de faire des articles sur Wickham.
Situation jamais vue
L’Express a décliné notre demande d’entrevue, mais indique, dans une communication écrite, avoir pris connaissance de la résolution avec une grande préoccupation.
« Il s’agit, à notre connaissance, d’une situation jamais vue pour notre organisation », mentionne son éditrice, Maryse Brunelle, et sa directrice de l’information, Cynthia Giguère-Martel. Elles demandent à la Municipalité de Wickham de revenir sur sa décision et de reconnaître l’importance d’un traitement équitable des médias.
Les citoyennes et citoyens de Wickham peuvent être assurés que nous continuerons de couvrir l’actualité municipale avec le même sérieux et le même engagement envers l’intérêt public.
Le public en paie le prix
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec montre du doigt le boycott de l’Express de Drummondville. En entrevue, son président explique que cette décision met à mal l’information locale et la liberté de presse.
Celui qui va faire les frais de ça, c’est le public. Le public qui est privé d’informations. C’est à lui et non à la Municipalité de choisir ses sources d'information, argue Éric-Pierre Champagne.
Les élus ratent leur cible, selon lui. Ils vont refuser des demandes d’entrevue, ils n'exprimeront pas leurs points de vue. Ce qui est d’autant plus ironique : si la Ville reproche au média de ne pas être équilibré, en tout cas, ce n’est certainement pas de cette façon-là qu'il va le devenir, tant et autant que ce grief-là est véridique.
Éric-Pierre Champagne dénonce le flou derrière la résolution adoptée au conseil municipal dans un délai de cinq minutes. Lors du débat qui a précédé cette adoption-là, ce n’était vraiment pas clair les raisons pour lesquelles on faisait ça. Ça donne l’impression qu’il s’agit de représailles parce qu’on n’est pas satisfait de la couverture de ce média-là, ce qui est tout à fait acceptable à nos yeux.
La FPJQ rappelle qu'une instance est présente pour déterminer si une couverture journalistique manque de justesse. Les citoyens et les municipalités qui constatent un certain déséquilibre dans un reportage peuvent se tourner vers le Conseil de presse du Québec.
La mairesse, Luce Nadeau, souligne qu’elle a déposé une plainte au Conseil de presse et qu’il était maintenant nécessaire d’agir, une information que nous n’avons pas été en mesure de vérifier avant la publication de cet article.


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