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Washington et Moscou tournent le dos à toute limite sur leurs armes nucléaires

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Le traité New Start, dernier accord encadrant les arsenaux nucléaires américain et russe, arrive à expiration sans être reconduit. Dans un contexte de tensions accrues et de rivalités géopolitiques, cette disparition fait craindre une reprise de la course aux armements.

Publié le 05/02/2026 07:33 Mis à jour le 05/02/2026 07:35

Temps de lecture : 3min

Vladimir Poutine ( à gauche) et Donald Trump ( à droite) n'ont pas l'intention de renouveler le traité New Start. (SAUL LOEB  RAMIL SITDIKOV / SPUTNIK) Vladimir Poutine ( à gauche) et Donald Trump ( à droite) n'ont pas l'intention de renouveler le traité New Start. (SAUL LOEB RAMIL SITDIKOV / SPUTNIK)

Le dernier traité signé par les États-Unis et la Russie pour limiter le déploiement des armes nucléaires arrive à son terme, jeudi 5 février, et il ne sera pas reconduit. Le traité New Start, conclu en 2010 par Barack Obama et Dmitri Medvedev, qui assurait alors au Kremlin une sorte d’intérim à Vladimir Poutine, entre en vigueur il y a 15 ans, jour pour jour. Il imposait aux deux pays une limitation du nombre d’ogives déployées, c’est-à-dire, très concrètement, des missiles en mesure d’être utilisés.

À une époque qui paraît déjà bien loin, les deux présidents prenaient l’engagement de poursuivre un désarmement entamé dans les années 1970 avec ce qui s’appelait alors les traités Salt. Époque révolue, donc, puisque ce traité arrive à expiration, et les observateurs sont formels : il n’y a pas de succession.

Le signal est désastreux et marque un retour en arrière après des décennies d’efforts diplomatiques et politiques pour réduire la course aux armements les plus puissants. C’est la première fois depuis 50 ans qu’on arrive à cette impasse et au non-renouvellement du moindre engagement entre les deux pays qui possèdent, de très loin, les stocks les plus fournis. Moscou et Washington concentrent près de 90% des armes nucléaires dans le monde. À titre d’exemple, la Chine, qui dispose du troisième arsenal le plus important, possède dix fois moins d’ogives que les États-Unis.

Le fossé est immense, même si ces stocks, encore massifs, ont tout de même diminué par rapport au pic de la guerre froide. Cet accord n’était déjà plus vraiment d’actualité. Vladimir Poutine a suspendu sa participation en 2023 pour dénoncer "l’hostilité de Washington". Donald Trump, lui, a pris l’habitude de détricoter les traités qui engagent son pays et limitent ses capacités d’action. Rien d’étonnant à ce que les deux dirigeants, adeptes de la loi du plus fort et peu soucieux du droit international, s’accordent sur l’idée de ne pas se donner de limites. C’est à la fois cohérent avec leur vision et emblématique d’un moment où les grandes puissances montrent les muscles et se livrent une bataille sans merci.

L’émergence de la puissance militaire chinoise rend sans doute obsolètes ces traités hérités de la guerre froide, issus d’un monde divisé en deux blocs. Le risque est d’ouvrir la porte à la prolifération, aussi bien sur l’ampleur des stocks que sur la liste des pays disposant de l’arme nucléaire. Vous l’aurez compris, l’époque n’est pas à la modération.

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