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Le rabbin Jay Michaelson a une manière bien à lui de considérer le sexe. Pour lui, l'esprit et le corps ne sont pas deux entités séparées: la sainteté s'exprime à travers les deux. Le guide spirituel identifie trois dons essentiels que la religion peut offrir pour mieux se connecter à sa sexualité. Le premier: la culture de la présence.
«Je ne comprends pas comment les gens peuvent faire l'amour sans méditation, plaisante Jay Michaelson. Passer à côté de l'intimité avec l'autre ou simplement de sa propre expérience de son propre corps est, à mes yeux, un dommage.» S'il est possible de manger en pleine conscience, pourquoi ne pas faire l'amour avec la même attention? Le rabbin propose donc de multiplier les petits rituels qui permettent de revenir à l'instant et d'éveiller les sens: allumer des bougies, utiliser de l'huile de massage ou encore lancer une playlist méditative.
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Le deuxième cadeau offert par la spiritualité réside dans l'idée que le plaisir peut être considéré comme une bénédiction, rapporte un article de Vox. Que cette bénédiction vienne de Dieu ou qu'elle soit simplement la célébration de l'expérience d'être en vie n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est d'y croire. «C'est quelque chose de facile à lire, mais, comme toute autre révélation spirituelle, pour vraiment l'assimiler, cela demande une vie entière de pratique», assure le rabbin.
Le coach en intimité Court Vox s'est donné pour mission d'aider les hommes à mieux comprendre leur système nerveux. Objectif: déterminer ce qui leur procure réellement du plaisir. Le coach les aide ainsi à sortir de l'état d'hypervigilance pour pouvoir lâcher prise et profiter pleinement du moment. «On ne peut pas s'abandonner quand on est encore en train de tout contrôler», explique-t-il. Pour beaucoup, cet abandon peut pourtant devenir une expérience particulièrement douce, voire une véritable bénédiction.
Présence, plaisir et intégration
Si le bon sexe repose sur la présence et le plaisir, le dernier élément avancé par Jay Michaelson concerne la tradition et l'intégration. Le coït ne devrait pas être une expérience aléatoire, déconnectée de ce que nous sommes dans les autres aspects de la vie. Selon le guide spirituel, le sexe nous relie au monde, aux autres et, plus largement, à la force même de la vie.
Les traditions religieuses ont d'ailleurs souvent intégré le sexe à leur conception du monde, notamment à travers les mythes et récits. Ces histoires mettent beaucoup l'accent sur la fécondité. Tiamat, la déesse mésopotamienne de la mer salée, s'accouple avec Abzû, le dieu de l'eau douce, pour donner naissance à un panthéon de nouveaux dieux. Le dieu sumérien Enki se masturbe et éjacule du sperme pour emplir le Tigre d'une eau abondante.
Pour le prêtre anglican Jarel Robinson-Brown, les lieux de drague n'ont rien d'incompatible avec la foi. À ses yeux, les salles parfois obscures où se nouent les relations sexuelles peuvent même être considérées comme des endroits sacrés. «L'espace d'une pièce obscure est en quelque sorte une métaphore de ce que peut être une expérience particulière de Dieu, et de ce que peut être la relation avec d'autres personnes en termes d'intimité et de sécurité», affirme-t-il.





























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