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Mercredi 9 septembre, le secrétaire national du Parti communiste français a dû répondre à des questions de Français dans «La Grande Confrontation».
Mercredi soir, David Pujadas a reçu, dans le premier numéro de «La Grande Confrontation» de cette saison, Fabien Roussel . Comme veut le principe de l’émission de LCI, le secrétaire national du Parti communiste français et candidat à l’élection présidentielle a dû répondre aux questions de Français. Parmi eux, Angie, une comptable de 23 ans originaire du Cuba. Le responsable du PCF n’a jamais caché son soutien à Miguel Díaz-Canel. Les deux hommes se sont d’ailleurs rencontrés le 19 décembre 2022 à La Havane. C’est sur son lien avec le président cubain que la jeune femme a souhaité interroger Fabien Roussel.
«Pour moi, le communisme, c’est le manque des libertés. Je suis venue en France parce que je cherchais plus de liberté d’expression, plus de liberté de mouvement et plus de liberté de penser. Choses que je n’avais pas à Cuba. Le plus insupportable, c’est la censure. Le fait de dire ce qu’on pense, le fait de dire qu’on est contre ce système, on peut y aller en prison», a d’abord expliqué Angie. La jeune femme a fui le régime cubain il y a sept ans et ne souhaite pas que son nom de famille soit mentionné à l’antenne en raison de ses prises de position. «Vous avez déjà été harcelée sur les réseaux sociaux», a précisé David Pujadas.
«J’ai vu qu’en janvier 2026, vous avez adressé votre soutien au dictateur Miguel Díaz-Canel. Avec tout le respect, j’ai une question : vous n’avez pas honte de soutenir un dictateur ?», a-t-elle demandé de but en blanc à Fabien Roussel. «Tout d’abord, je ne connais pas votre histoire et vous venez rapidement de dire que vous avez préféré fuir plutôt que subir la vie qui se déroulait là-bas à Cuba. Et je regrette toujours quand une personne est obligée de fuir son pays dans ces conditions. Ensuite, je suis allé à Cuba dans le cadre de mes responsabilités et sur place, j’ai eu l’occasion de rencontrer le président de la République cubaine pour parler avec lui…», s’est justifié le secrétaire national du PCF avant d’être interrompu par son interlocutrice. «Le dictateur», a-t-elle insisté.
Vous dites le président ou le dictateur ?
David Pujadas à Fabien Roussel dans «La Grande Confrontation» sur LCI«Vous dites le président ou le dictateur ?», a appuyé David Pujadas. «Je dis le président de la République», a affirmé Fabien Roussel. «C’est un dictateur, personne ne l’a choisi», a rappelé Angie. «Vous auriez en face de vous Monsieur Emmanuel Macron, il vous dirait la même chose que ce que je vous dis, a-t-il rétorqué poursuivant : J’ai rencontré le président de la République, j’ai rencontré des Cubains, j’ai passé un peu de temps là-bas. Ce que je sais, c’est que cette île, depuis plus de 60 ans maintenant, subit le pire embargo qu’un pays ait pu subir depuis l’ère contemporaine. Un embargo dur, violent, à l’encontre d’une île. Ce qui veut dire qu’il n’y a plus rien qui rentre aujourd’hui, parce que tout pays qui commerce avec Cuba ne peut pas avoir de relations commerciales financières avec les États-Unis. Même les banques françaises qui étaient encore installées là-bas il y a quelques années sont parties. Le peuple cubain est en train de mourir à petit feu. […] Les hôpitaux aujourd’hui manquent de moyens. Des enfants sont aujourd’hui en grande difficulté, en manque de soins, manquent de mourir à cause de cet embargo. Ça, c’est l’urgence.»
Voyant Fabien Roussel ne pas répondre à sa question, Angie a alors repris la parole. «Je me permets de vous couper. Je suis née à Cuba, je sais parfaitement ce qui se passe dans mon pays. Ce n’est pas les théories des politiciens ou des communistes qui vont me faire changer d’idée, parce que j’ai encore de la famille sur place. Le simple fait de parler sur les réseaux sociaux, de dire que je suis contre ce système, fait prendre des risques à ma famille. Moi-même, je prends des risques à cause d’une dictature. Je vous répète la question : est-ce que vous avez honte ou pas de défendre un dictateur, de soutenir un dictateur ?», a réitéré la jeune femme.
«Je n’ai aucune honte à organiser une campagne humanitaire, c’est ce que nous faisons en ce moment, pour apporter des appareils médicaux à Cuba, parce que c’est l’urgence. Et depuis quelques mois, la situation s’est fortement dégradée parce qu’il y a même plus de pétrole qui rentre…», a déclaré le candidat à l’élection présidentielle. À cet instant, c’est David Pujadas qui l’a interrompu. «Pardon Fabien Roussel, vous tournez un peu autour du pot», a déploré le journaliste.
Après plusieurs minutes, Fabien Roussel a finalement répondu à la question initiale. «Concernant les atteintes aux libertés dont vous parlez, je ne les cautionnerai jamais, qu’elles aient lieu dans n’importe quel pays, à Cuba ou ailleurs, y compris en France. Jamais, je ne défendrai, je ne cautionnerai qu’on puisse enfermer quelqu’un pour ses idées ou pour ce qu’il dit. C’est le combat que nous avons toujours mené. Nous, communistes français, nous sommes des originaux dans le monde de par les positions que nous avons eues dans les 100 ans d’histoire que nous avons dans notre pays. Et je ne suis pas comptable de ce qui se passe dans d’autres pays qui sont dirigés par des partis communistes», a-t-il assuré.


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