NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Vous avez compté les jours jusqu'à vos congés, vous êtes désormais au calme chez vous ou dans une destination de vacances qui vous faisait rêver et, sans que vous compreniez pourquoi, des pensées intrusives vous empêchent d'en profiter. Cette situation vous semble familière? Vous êtes loin d'être un cas isolé.
Chaque été, Maëlle, 32 ans, prend un mois de vacances; tous les ans, ça ne loupe pas: elle s'agite dans tous les sens. En tête, un seul objectif: trier, ranger, faire de l'ordre. «J'ai l'impression que le fait d'être en vacances vient toujours avec un intense besoin de contrôle sur mon environnement alors qu'au fond, j'aurais sûrement plutôt besoin de me reposer.» On pourrait penser que passer de l'occupation au repos est un glissement naturel chez l'être humain. Or, rien n'est moins vrai.
NEWSLETTER
Recevez le meilleur de Slate directement dans votre boîte mail.
Supporter l'oisiveté, un défi pour beaucoup
Médecin addictologue, conférencière, autrice de Mon ado est accro aux réseaux publié en 2024 aux éditions De Boeck Supérieur, Juliette Hazart explique qu'il est assez commun de se sentir anxieux dans un contexte de coupure avec son quotidien et ses routines habituelles. «En vacances, on passe sans transition de journées structurées par des obligations à un temps plus ouvert, moins balisé. Résultat, les émotions habituellement tenues à distance peuvent remonter plus facilement à la surface. L'esprit n'étant plus accaparé par des taches externes, on peut vivre ce temps libre comme un vide qui laisse davantage de place aux pensées, aux incertitudes et aux émotions.»
Dans ces moments-là, l'esprit peut facilement tourner en boucle sur des sujets habituellement laissés de côté: «On s'auto-observe davantage, on questionne certains choix de vie car on est confronté à des pensées qui sont habituellement mises de côté», précise la médecin.
Lou, 43 ans, se sent souvent déprimée pendant la semaine de vacances qu'elle passe chaque année avec ses parents, ses frères et sœurs et leur famille: «Entre les tâches ménagères qui me reviennent souvent car je suis la seule personne sans enfants et les personnalités de chacun avec lesquelles il faut jongler, ce n'est pas de tout repos. Et puis chaque année c'est pareil: je me mets à douter de mes choix de vie qui pourtant d'habitude me satisfont pleinement, je mets toute mon existence en perspective et j'ai franchement le moral en berne.»
Blaise Pascal, célèbre philosophe du XVIIe siècle, parlait déjà dans ses Pensées de l'impact de l'oisiveté et de l'ennui sur l'esprit humain. «Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide.» Cette description peu réjouissante nous renseigne pourtant bien sur la difficulté de la majeure partie d'entre nous à supporter de ne rien faire.
Faire face à l'angoisse de mort
Et Blaise Pascal de continuer: «Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer au repos, dans une chambre.» Pour le philosophe, cette nécessité de la majorité des individus à occuper pleinement leurs journées n'a d'autre but que de détourner leur esprit d'une angoisse universelle, celle de mourir.
Salvatore, 52 ans, ne renierait probablement pas cette observation: «Dès lors que je n'ai plus d'obligation professionnelle ou sociale, je me sens plongé dans un vide existentiel, je me mets à angoisser pour la santé de mes proches, je pense au jour de leur mort et de la mienne. C'est assez terrifiant, donc souvent, j'ai hâte de reprendre le travail et mes activités pour retrouver ma légèreté habituelle.»
Au quotidien, les horaires fixes, les événements sociaux, les activités de loisir, un régime alimentaire spécifique, des heures de coucher fixe, font souvent office de béquilles émotionnelles. Lorsqu'elles disparaissent, l'anxiété surgit et on se sent tout à coup plus vulnérable.
Les vacances ne sont pas exemptes d'injonction à la performance
Dans notre société qui nous pousse à être dans une démarche constante de productivité, l'anxiété peut revêtir la forme d'une injonction à «réussir ses vacances», un mécanisme qui impose de tirer à tout prix avantage de son temps libre et de profiter «à fond» de son séjour. Pour Juliette Hazart, «c'est paradoxal, mais les vacances sont entourées d'une multitude d'injonctions qui renforcent le stress et peuvent faire naître de la culpabilité lorsqu'on n'arrive pas à se détendre comme espéré».
Salvatore connaît bien le phénomène: «En vacances, je suis toujours le premier levé pour enchaîner sport, cuisine, visites culturelles… Je tiens difficilement en place, sinon j'ai l'impression de ne pas mettre correctement à profit tout ce temps qui m'est alloué.»
L'angoisse des vacances, un tabou sociétal
L'injonction se traduit aussi par le fait d'apparaître forcément épanoui en vacances. Véritable institution depuis l'instauration des congés payés, elles sont aussi toujours considérées comme un luxe dont il est très mal vu de se plaindre: «Je ne parle presque jamais des angoisses que je ressens lorsque je pars en vacances. Je sais que ça ne serait pas compris par mon entourage et j'aurais trop peur de gâcher le plaisir des autres. De ce fait, je garde pour moi tout ce qui me passe par la tête et j'essaie de donner le change», confie Salvatore.
Cette «obligation de réjouissance», Maëlle aussi la ressent fortement: «Je viens d'une lignée de personnes qui ont gagné leur vie en effectuant des métiers manuels, qui partaient rarement de chez eux et se reposaient peu. Comme j'ai la chance d'avoir régulièrement des vacances, je me garde bien de formuler l'anxiété que ces grandes périodes de vide me procurent.» Bien qu'il ne soit pas évident d'aborder les vacances et de réussir à négocier ce changement brutal de quotidien, pour Juliette Hazart, il n'est jamais trop tard pour apprendre.
Réussir ses vacances, ça s'apprend!
«Il faudrait sortir de cette vision idéalisée que nous avons du temps libre, explique la médecin. Savoir appréhender et habiller le vide, c'est une compétence qui s'acquiert.» Dans un premier temps, la spécialiste préconise de baisser ses attentes concernant l'immédiateté du lâcher-prise. «L'accès au repos et à la détente est progressif; souvent, il faut accompagner la démarche.»
Cela peut passer notamment par le fait de réinstaurer des repères clairs dans sa journée: des horaires de repas relativement fixes, des nuits de sommeil suffisamment longues, la régulation de sa consommation d'alcool… Ensuite, il convient de s'accorder des moments dans la journée où on se livre à des activités non performatives comme une marche dans la nature, une sieste, un moment de lecture, la contemplation d'un paysage.
Juliette Hazart encourage également à ne pas chercher à étouffer ses ruminations, mais plutôt de prendre le temps de les comprendre: «Noter ses pensées sur papier, observer ses sensations corporelles, identifier ce qui se joue dans ces moments-là et envisager de consulter un professionnel de santé si besoin.»
Pour les jeunes comme les moins jeunes, il est aussi recommandé de profiter des vacances pour s'éloigner des écrans, pour notamment s'autoriser des moments d'ennui. «Des journées moins remplies peuvent aider à mieux tolérer la frustration au quotidien et favoriser la créativité, ainsi que la capacité à prendre du recul sur les préoccupations qui traversent l'esprit.»
Si l'anxiété dure plusieurs jours, qu'elle est intense au point d'empêcher de dormir, de s'alimenter et de se socialiser, un seul réflexe à avoir: consulter un professionnel de santé.





























.jpg)






French (CA)