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Même si le prix du pétrole commence à redescendre, vos vacances pourraient vous coûter plus cher cette année. Plusieurs transporteurs aériens ont annoncé des augmentations de prix pour les nouvelles réservations. Et si vous aviez déjà réservé votre voyage avec une agence ? Vous n’êtes pas à l’abri, car des surcharges pourraient s’appliquer a posteriori.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, il y a un mois, le prix du kérosène a doublé, pour atteindre 4 $US le gallon en moyenne la semaine dernière en Amérique du Nord, selon l’Agence américaine de l’information sur l’énergie. On n’avait pas vu des prix aussi élevés depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie à l’hiver 2022.
L’enjeu est majeur pour les transporteurs puisque le carburant représente environ le quart de leurs coûts. Résultat : les compagnies aériennes ont d’ores et déjà annoncé qu’elles imposeront des surcharges pour les nouvelles réservations. C’est le cas notamment de Vacances Air Canada, d’Air Transat et de WestJet. Les surcharges sont généralement d’environ 50 $ par personne, mais elles varient selon le transporteur et selon l’itinéraire.
Grâce au cessez-le-feu annoncé en début de semaine, les prix du pétrole ont fléchi. Ils demeurent toutefois bien plus élevés qu’au début de l’année. Même si la situation géopolitique devait se régler, les prix pourraient mettre un certain temps avant de revenir à la normale, ont prévenu plusieurs experts.
Des hausses de prix même après l’achat ?
Pour le moment, les hausses de prix annoncées par les compagnies aériennes s’appliquent seulement aux nouvelles réservations. Si vous aviez déjà réservé directement auprès du transporteur, le prix de votre réservation ne peut pas augmenter, indique l’Office de la protection du consommateur.
Mais, attention, dans le cas où vous auriez fait affaire avec une agence de voyages, le prix de votre billet pourrait être modifié si votre voyage est prévu dans plus de 30 jours. Par contre, si votre départ est prévu dans moins de 30 jours, le prix de votre billet d’avion ne peut pas être changé.
Deux conditions permettent une modification du prix : une hausse du prix du carburant et une augmentation du taux de change. Pour qu’on puisse modifier le prix de votre voyage, votre contrat d’achat doit prévoir une clause en ce sens et l’agent de voyages est tenu de vous en informer. De plus, si le prix de votre voyage augmente de 7 % ou plus par rapport au prix initial, vous pouvez demander un remboursement ou un échange contre un voyage similaire.
Jusqu’à maintenant, plusieurs agences de voyages sondées par Le Devoir ont indiqué ne pas avoir eu à augmenter leurs prix pour les billets d’avion déjà vendus. C’est le cas de CAA-Québec, de Traditours ou encore de Groupe Voyages Québec.
« Les billets d’avion déjà réservés ne sont pas touchés pour l’instant. Quelques petites compagnies de croisière fluviale en Europe nous ont envoyé des avis d’augmentation pour des départs en mai et en juin, de l’ordre de 100-125 $ par personne. Mais ce sont de petits joueurs locaux, pas de grands croisiéristes », souligne Sébastien Forest, président de Traditours.
Les surcharges, le gros de la facture
Les surcharges pour carburant ne datent pas d’hier. Certaines compagnies aériennes les utilisent depuis au moins le début des années 2000. « D’une certaine manière, ça a toujours existé », explique Mehran Ebrahimi, professeur spécialisé en aéronautique à l’Université du Québec à Montréal. « La seule chose qui a changé, c’est la réactivité de ces rajustements. […] La variation du coût de carburant va se projeter instantanément sur le prix. »
Cela dit, tous ne sont pas affectés aussi rapidement. Certaines entreprises ont des contrats à long terme avec des distributeurs de kérosène, note le professeur. « Ces compagnies-là sont à l’abri, si vous voulez, de ce genre de variation de prix. » D’autres achètent plutôt leur carburant au prix du jour et subissent sans tarder les conséquences d’une hausse de prix.
Les surcharges sont imposées en sus du prix de la portion du billet attribuable au vol. Par exemple, Air Canada vendait récemment un billet aller-retour entre Montréal et Genève pour la mi-juin à 955 $. Le tarif aérien ne représentait que 13 % (126 $) de la somme totale, tandis que les taxes (139 $, 15 %) et les surcharges appliquées par la compagnie (690 $, 72 %) constituaient la majorité de la facture. « L’objectif est que l’augmentation due à la surcharge n’apparaisse pas beaucoup aux yeux des clients », souligne M. Ebrahimi.
D’ailleurs, les surcharges de carburant ont été rebaptisées « surcharges du transporteur » il y a un peu plus d’une décennie afin de contourner des exigences des autorités réglementaires américaines, rapportait à l’époque le Wall Street Journal. Ce terme fourre-tout comprend divers suppléments, et les transporteurs n’affichent pas explicitement la portion de ces frais qui est attribuable au prix du carburant lors de la réservation.
Mehran Ebrahimi se montre toutefois rassurant quant aux effets de ces surcharges à long terme. Les transporteurs ont intérêt à ajuster la facture des passagers — y compris à la baisse — lorsque le coût des intrants change. « C’est une question de concurrence. La preuve, c’est que le coût des billets d’avion n’augmente pas à travers le temps. »
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