Dans une petite commune de la France, un système de récupération de chaleur a été installé dans un crématorium. Le système récolte donc la chaleur résiduelle de l’établissement afin de chauffer d’autres bâtiments. Quels avantages présente cette solution ? Peut-on faire mieux ?
Récupérer la chaleur des crématoriums
Rappelons tout d’abord que la récupération de la chaleur à des fins de réutilisation n’est pas quelque chose de nouveau, puisque déjà assez massivement présente dans l’industrie. Toutefois, les récents projets utilisant ayant recours à cette solution concerne principalement les centres de données (datacenters). Depuis 2016, la piscine de la Butte aux Cailles à Paris se chauffe grâce à la chaleur provenant de de ce type d’installations. Il faut dire que le pays s’est assez rapidement posé la question de la récupération de la chaleur résiduelle de centres de données, dans la mesure où ces derniers se sont multipliées avec les années en raison de la démocratisation d’Internet.
Au Petit-Quevilly, commune normande limitrophe de Rouen abritant environ 25 000 habitants, un projet de récupération de chaleur assez curieux a vu le jour. Comme l’expliquait France Info dans un article du 16 décembre 2025, la ville a installé un système de récupération de chaleur dans un crématorium afin d’alimenter le réseau de chaleur urbain. Dans les faits, la chaleur émise lors de la crémation des corps des défunts est récupérée puis injectée dans le réseau pour chauffer les logements et les équipements municipaux à proximité.
Source: DR
Une solution écologique peu éthique ?
En 2018, le projet de crématorium du Petit-Quevilly prend forme, en raison de la saturation de celui de Rouen. L’objectif premier était donc d’éviter une attente trop longue pour les personnes. Or, le fait et que l’installation se trouve dans une zone d’activités concernée par des démarches environnementales et le système de récupération s’est avéré être une évidence pour Charlotte Goujon, maire de la ville. L’élue, également vice-présidente chargée de la transition écologique à la métropole de Rouen Normandie, a rappelé l’importance de ce projet, bien que la question du deuil soit très sensible. En effet, certaines personnes pensent peu éthique le fait de récupérer la chaleur émise lors de la crémation des défunts.
« Ce n’est pas la chaleur produite par la combustion des corps qui est utilisée, mais bien celle apportée par le gaz lors de la crémation. », a toutefois tenu à préciser Christian Longuemare, responsable du service chaleur à la métropole de Rouen.
Est-il possible de faire mieux ?
Après plus de cinq ans de fonctionnement, le système permet de chauffer une centaine de logements environ et assure des factures énergétiques plus stables pour les foyers. De plus, le bâtiment n’accuse aucune perte de chaleur puisque le système est également associé à une isolation thermique efficace. Ainsi, il est possible que ce genre de projet pourrait à terme, faire des émules un peu partout dans le pays. Cependant, si la récupération de la chaleur des crématoriums est sans doute une solution très intéressante, certains sont convaincus qu’il est possible de faire mieux.
C’est notamment le cas d’Alexandre Joly, ingénieur responsable du pôle énergie à Carbone 4, cabinet de conseil spécialisé dans les enjeux environnementaux. L’expert évoque davantage la source d’énergie des crématoriums, posant ainsi question de la manière dont nous traitons les dépouilles. Alexandre Joly conseille de s’intéresser davantage au compostage humain (humusation), une méthode ne consommant pas d’énergie et déjà autorisée dans certains pays, notamment les Etats-Unis.


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