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Depuis fin février, de nombreux arbres fruitiers sont déjà en fleurs : le printemps est bien arrivé, mais il est en avance. À tel point que certains parlent même d'un « faux printemps ».
La végétation est-elle réellement en avance ? Oui, les outils satellites de Copernicus, l'organisme européen de surveillance du climat, permettent de le constater. L'activité photosynthétique des végétaux est très élevée à l'ouest de la France en ce moment, et l'état d'avancement est bien visible : au nord-ouest, à l'ouest du bassin parisien, au sud-ouest (sur le piémont pyrénéen en particulier), ainsi que sur le Massif central, la végétation a 1 à 2 semaines d'avance, localement plus encore. Sans surprise, il s'agit des zones les plus arrosées au cours de l’hiver, et notamment celles qui ont subi des crues.
En vert, les zones où l'activité photosynthétique est très forte, avec une végétation en avance. © Copernicus
Avec des températures dignes d'avril - mai cette semaine, jusqu'à 20 °C au nord, il est certain que cette « anomalie de végétation » sera encore plus importante ces prochains jours.
La France vit officiellement, de loin, le faux-printemps* le plus fort depuis le début de mesures météorologiques**. Comme si ce n'était déjà pas suffisant, il devrait continuer au moins 10 jours (15 à 23°C TOUTE la semaine prochaine !) à tel point que d'ici le 10 mars, la France… pic.twitter.com/EzdHUHhX5N
— Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge) (@SergeZaka) February 27, 2026Une période à risque jusqu'en mai
Selon l’agroclimatologue Serge Zaka, ce « faux printemps » est le plus fort depuis le début des mesures météorologiques. A l'ouest de la France,« la vitesse de croissance de très nombreux végétaux s'étend de 40 à 80% de leur vitesse potentielle alors qu'à ce moment de l'année, elle devrait tourner entre 0 et 10% ». Le colza, le chou-fleur, les abricotiers, les amandiers, les cerisiers et les pêchers sont les plus concernés, avec localement un mois d'avance.
Loin de se réjouir, les arboriculteurs sont plutôt inquiets : mars, avril, mai (selon les régions) sont trois mois à risque pour la végétation. Beaucoup de bourgeons peuvent résister aux gelées, mais lorsque le stade de développement du bourgeon est trop avancé, ou qu'il est déjà en fleurs, le moindre gel est destructeur. Les fleurs sont en effet très sensibles, et ces dernières années, ces épisodes printaniers précoces ont souvent été suivis de coups de gel dévastateurs.


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