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Devant le tribunal correctionnel de Paris, le parquet a réclamé contre l'ancien argentier de la présidence, Thomas M., deux ans d'emprisonnement, dont seize mois assortis du sursis, et 10.000 euros d'amende.
A l'encontre de son compagnon, Damien G., la procureure a demandé deux ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, et 10.000 euros d'amende.
Enfin, une peine de deux ans de prison, dont vingt mois avec sursis, et 10.000 euros d'amende a été requise contre le principal acheteur, Ghislain M.
L'affaire a éclaté en 2025 lorsque la manufacture nationale de Sèvres a détecté la vente d'assiettes de l'Elysée sur des sites d'enchères.
L'intendant de la présidence, constatant la disparition de pièces d'argenterie et d'oeuvres signées Poliakoff ou Alechinsky, a déposé plainte.
La présidente du Louvre Laurence des Cars a remis sa démission à MacronLes investigations ont rapidement ciblé Thomas M., employé contractuel au service de l'argenterie depuis 2020. Seul agent à avoir un accès direct aux clés de l'entrepôt, il aurait profité de l'absence de fouilles du personnel.
La valeur du préjudice a été estimée par la manufacture à 377.370 euros, un montant que la défense a qualifié d'"absurde".
A la barre, l'ancien maître d'hôtel a reconnu avoir soustrait frauduleusement une centaine de pièces. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé des biens volés dans son casier et son véhicule.
Il a expliqué avoir d'abord dérobé ces objets pour leur beauté, avant de s'inscrire dans une logique de revente pour éponger de lourdes dettes, justifiant ses actes par une grande précarité financière: "J'ai pas pu remplir la cuve de gaz".
Son avocat, Me Bilal El Hamel, a souligné la détresse de son client, décrivant un engrenage lié à des trajets quotidiens coûteux et un salaire insuffisant face à une "pression immense" au sein de son service.
Escroquerie à la billetterie du Louvre: neuf personnes mises en examen, l'une placée en détention provisoireLes objets dérobés étaient écoulés en grande partie sur un compte professionnel Vinted nommé "La lanterne" et géré par Damien G., ainsi que sur Facebook.
Cet antiquaire a reconnu avoir organisé la vente des biens, estimant les gains générés à environ 15.000 euros.
Il a également évoqué un lourd endettement du foyer.
S'il a d'abord cru que les pièces provenaient de dons de collègues, il a fini par admettre avoir compris leur origine illicite.
Son avocate, Me Pia Sfeir, a plaidé une "infraction d'opportunité". Elle a dépeint un homme fragilisé par un parcours traumatique, qui s'est laissé aveugler par sa passion pour la porcelaine.
Le principal acquéreur de ces objets était Ghislain M., un "collectionneur passionné" qui a acheté près de 80 pièces au couple lors de remises en main propre dans la rue, réglant souvent en espèces ou par des échanges d'objets.
Il a expliqué qu'il pensait initialement acquérir des biens issus d'un héritage légitime, ignorant la profession exacte de Thomas M.
Toutefois, face à l'accumulation des objets et aux prix très avantageux, il a concédé avoir eu des soupçons, avouant: "J'ai momentanément fermé les yeux".
Pour sa défense, Me Xavier Autain a plaidé "l'aveuglement" d'un collectionneur", rappelant que la valeur d'achat réelle des pièces d'occasion était loin des estimations de la partie civile.
Le tribunal rendra son jugement le 16 avril.


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