Station de Milpitas, dans la Silicon Valley. On perd la notion du temps avec cette Coupe du monde, rythmée par les jours avec match et les jours sans match, mais c’est dimanche. La cadence du BART, le réseau ferré de la baie de San Francisco, est ralentie, quelques voyageurs patientent sur le quai. L’un d’eux porte un maillot, blanc, de l’équipe de Suisse. Comme il a l’air latino, qu’il parle anglais sans accent et que depuis deux jours on constate que les locaux se choisissent une équipe nationale de cœur par affinité, sans véritable lien, on lui demande pourquoi il a choisi de supporter la Nati. «Because I’m Swiss», répond-il le plus sérieusement du monde.
Il s’appelle Guillermo, il termine une licence en droit à Miami, d’où il est venu spécialement pour réaliser son rêve: voir jouer la Nati en vrai. «Je suis né à Lausanne, au CHUV», explique-t-il. Sa famille est originaire du Salvador, s’est installée en Floride depuis une bonne vingtaine d’années, mais pour lui rien n’est plus fort dans son identité que ce lieu de naissance un peu fortuit. «Mon père a fait des études d’ingénieur à Lausanne [probablement à l’EPFL, il ne pouvait pas confirmer]. Il a ensuite essayé de s’installer à son compte mais la vie est chère en Suisse alors nous sommes partis à Miami.»


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