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Tribune

Collectif

L’institution ecclésiale gère la pénurie de prêtres sans s’interroger sur la viabilité d’un modèle qui repose entièrement sur cette figure centrale. D’autres voies sont pourtant possibles, estime, dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités engagées dans l’Eglise.

Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 3 min.

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Nous saluons la venue du pape en France [du vendredi 25 au lundi 28 septembre] et nous nous en réjouissons. La démarche synodale lancée en 2021 par le pape François (1936-2025) comme nouvelle modalité de fonctionnement de l’Eglise se perpétue avec Léon XIV. C’est une chance, pourvu que cette visite soit un moment de vérité pour l’Eglise de France. L’occasion, notamment, de sortir du déni quant à la situation des prêtres.

En 2000, la France comptait 976 séminaristes ; en 2023, ils n’étaient plus que 679 – soit une diminution d’environ un tiers en plus de vingt ans. Les ordinations sacerdotales demeurent, elles aussi, à un niveau historiquement bas. Ainsi, 90 nouveaux prêtres ont été ordonnés pour la France en 2025. Surtout, le nombre de ceux-ci s’effondre : de 25 353 dans notre pays en 2000, il est passé à 12 019 en 2023, ce qui correspond à une baisse de plus de moitié.

Un seul prêtre couvre parfois des dizaines de clochers. Pour parer au plus pressé, les évêques font massivement appel à des prêtres venus de l’étranger, avec les problèmes qu’induit parfois cette pratique. Malgré cela, de nombreuses paroisses ne célèbrent plus l’eucharistie chaque dimanche ; les regroupements territoriaux se multiplient ; les prêtres vieillissent et s’épuisent, courant d’un lieu à l’autre sans jamais retrouver une vraie communauté locale. Face à l’ampleur du choc, les réponses structurelles restent minimales. Pourtant, depuis des décennies, des réflexions de fond sur l’avenir des ministères et de la gouvernance dans l’Eglise sont proposées, écrites et diffusées.

Ouvrir certains ministères

L’institution continue à gérer la pénurie sans jamais oser soulever la question capitale : le modèle actuel est-il encore viable ? Car le problème n’est pas seulement quantitatif, il est aussi ecclésiologique. Pendant des siècles, l’Eglise catholique s’est appuyée sur une figure centrale : le prêtre, un homme célibataire cumulant présidence eucharistique, direction de la communauté, prédication, accompagnement spirituel, représentation de l’institution, administration et finances. Ce modèle a façonné l’organisation des paroisses et l’imaginaire catholique. Mais que devient ce système lorsque cette figure se raréfie à ce point ? Peut-on continuer à faire reposer toute la vie de l’Eglise sur un si petit nombre de prêtres ? Ces interrogations émanent désormais du terrain lui-même et des communautés locales.

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