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Par John Timsit
Publié le 19/10/2026 à 22h30, mis à jour le 20/10/2026 à 01h08

Invité lundi sur BFMTV après les saccages des 17 et 18 octobre, le candidat des Républicains assume de «remettre en cause» le calendrier du scrutin élyséen.
Passer la publicité Passer la publicitéBruno Retailleau a le mérite de la constance. Début juillet, lorsque le gouvernement avait fixé l’élection présidentielle aux 18 avril et 2 mai 2027, le candidat des Républicains avait fulminé contre un choix «pas neutre» et «pas normal sur le plan démocratique». La cause de son courroux : un second tour dont la sincérité pourrait être entachée par les défilés de la fête du Travail, organisés la veille, où la gauche syndicale et politique a coutume de battre le pavé. «Peu de 1er mai se passent calmement. Il y a toujours une montée en pression et avec parfois des débordements», avait fait valoir l’ex-ministre de l’Intérieur, dénonçant une «stratégie du chaos».
Trois mois et demi plus tard, la logique reste la même, mais elle est étayée : les violences d’une rare ampleur qui ont frappé le pays le 17 octobre et, dans une moindre mesure, le 18, lui donnent désormais du poids. Des scènes de pillage et de casse observées dans plusieurs villes, dont s’empare le sénateur vendéen pour pousser son avantage dans la bataille du calendrier. Invité de BFMTV lundi, le patron de LR n’a pas mâché ses mots sur la tenue du duel final le 2 mai. Une date «mauvaise», juge-t-il, car de telles «exactions», la veille et jusqu’au matin du vote, pourraient perturber le bon déroulement du scrutin.
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Pour lui, c’est l’esprit même de l’élection qui est en jeu. «Vous vous rendez compte ? C’est totalement contraire à l’idée qu’on se fait dans les démocraties des organisations, des votations, notamment des scrutins», a-t-il lancé, alors que «l’expression de la démocratie mérite du calme, mérite de la sérénité». «Les Français (…) qui ont vu ce triste spectacle honteux d’une France humiliée, d’une France pillée, saccagée, voient bien le risque qu’il y a à faire une organisation du second tour ?», a-t-il martelé. À ses yeux, la manœuvre ne fait guère de doute : «Si on voulait bordéliser le second tour, on ne s’y prendrait pas différemment», a-t-il cinglé, assumant non seulement de «remettre en cause» les dates fixées, mais aussi d’appeler Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu à les changer. D’autant qu’à l’entendre, «il serait encore temps».
Reste à comprendre pourquoi l’exécutif a opté pour ce dimanche, plutôt que pour la seule autre option permise par la Constitution : un scrutin les 11 et 25 avril, qui aurait toutefois empiété sur les vacances scolaires. En juillet, Bruno Retailleau affirmait que le gouvernement avait consulté les différents candidats avant d’arrêter son choix, mais qu’il avait finalement fait celui de «la gauche». Lundi, il est allé plus loin, assurant que «la majorité des partis politiques avaient à cette réunion déconseillé cette date-là». «Pourquoi a-t-on choisi sciemment (…) ?» a-t-il insisté, se disant «encore stupéfait».


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