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Viol au ministère des Armées : Babette de Rozières balance et dérange

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Babette de Rozières accuse un chef de cabinet de viol. Le ministère a muté l’homme. La justice dort.

Une révélation qui fâche

Dans un entretien avec Karim Sebbouh, l’ancienne animatrice télé, aujourd’hui conseillère régionale, raconte : « Il m’a été rapporté quelque chose de très grave… un chef de cabinet qui aurait violé une fille au ministère des Armées. » Elle affirme avoir fait un signalement au procureur, prévenu le ministère. Silence radio. La victime, elle, aurait été « exfiltrée » vers la mairie de Paris. L’agresseur présumé ? Muté. Sanctionné ? Que nenni. « Personne n’en parle », déplore-t-elle. Et de comparer, sans rire, à l’affaire Epstein.

Babette de Rozières, de son vrai nom Élisabeth Hildebert de Rozières, n’est pas une novice en matière de dénonciation. Dans son autobiographie Toujours se relever (2021), elle racontait déjà avoir subi des violences. Alors quand elle parle, certains tendent l’oreille. D’autres haussent les épaules, la traitant de « fouteuse de merde » sur X. Mais le mal est fait : l’image d’un ministère où l’on viole et où l’on mute sans punition s’installe.

Mais que s est il donc passé dans le bureau de @paulhugoverdin
chef de cabinet du ministre des armées ?
Les français ont besoin de savoir qui sont les membres de l équipe du @premierministre au sommet de l État @philippegustin1 pic.twitter.com/qVsKikUISo

— Babette de Rozières (@BabetteDR) October 1, 2025


Un mariage qui en dit long

Pour comprendre la méfiance de Babette envers la justice, il faut jeter un œil à son époux, Claude Butin. magistrat, ancien juge d’instruction, il a publié un pamphlet au titre sans ambiguïté : Ne faites jamais confiance à la justice de votre pays (2022). Sur CNews, chez Morandini (eh oui !) il expliquait que la justice est « devenue un facteur de désordre nauséabond », dépendante du pouvoir exécutif, soumise aux pressions. À bonne école, madame. Alors quand elle affirme que son signalement au procureur est resté lettre morte, on peut la croire sur parole. Ou au moins se poser des questions.

Et l’Élysée dans tout ça ?

L’affaire de 2021 – ce viol présumé d’une jeune militaire à l’Élysée – refait surface en écho. Même ambiance feutrée, mêmes « mesures internes » prises dans l’urgence, même discrétion administrative. Sauf qu’ici, s’il s’agit du ministère des Armées, l’accusé n’est pas un collègue militaire mais un chef de cabinet. Civil, sans doute. Pas de lien direct entre les deux affaires, sinon ce parfum d’impunité qui flotte dans les couloirs du pouvoir.

Des recherches sur X montrent que Babette a évoqué un certain Paul Hugo Verdin, l’actuel chef de cabinet de Sébastien Lecornu, dans un message sibyllin : « Mais que s’est-il donc passé dans le bureau de @paulhugoverdin chef de cabinet du… » La suite n’est pas claire. Mais le nom circule. Verdin est-il l’homme en question ? Le ministère, lui, reste muet. Comme d’habitude.

Mais que s est il donc passé dans le bureau de @paulhugoverdin
chef de cabinet du ministre des armées ?
Les français ont besoin de savoir qui sont les membres de l équipe du @premierministre au sommet de l État @philippegustin1 pic.twitter.com/qVsKikUISo

— Babette de Rozières (@BabetteDR) October 1, 2025


Une mécanique bien huilée

Ce qui frappe dans ces histoires, c’est la répétition du scénario : une femme accuse, un homme est muté, l’institution se mure dans le silence, et l’affaire s’évanouit. La plateforme Thémis, censée recueillir la parole des militaires, a enregistré 220 signalements en 2023. Une commission de l’Assemblée nationale s’est emparée du sujet. « Quand tu veux enterrer un problème, crée une commission », disait Clemenceau. On imagine le nombre de dossiers classés sans suite, de plaintes évaporées, de vies brisées.

Babette de Rozières, avec sa fougue et ses réseaux, a peut-être réussi là où d’autres ont échoué : mettre un nom, un visage, un ministère. Mais sans enquête officielle, sans volonté politique, ses révélations risquent de rejoindre les oubliettes de l’actualité. En attendant, une femme se demande encore pourquoi son agresseur présumé continue de travailler pour l’État.

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