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Vincent est un baleineau à bosse curieux et enjoué, héritier d’une grande lignée de chanteurs des mers capables de guérir et d’enrichir les écosystèmes marins. Une nuit, alors qu’il s’aventure hors de son repaire pour exercer sa voix, un accident de navigation cause la mort de ses parents.
Des années plus tard, rongé par la culpabilité et par un grand manque de confiance en lui, Vincent peine à trouver son chant, celui qui lui permettrait d’empêcher le Léviathan, une terrifiante pieuvre géante récemment libérée d’un glacier, de détruire l’océan. Pour vaincre la créature, Vincent décide de plonger au fond des mers, déterminé à accéder à la fosse aux étoiles où sont emportés les défunts, et à ramener ses parents, et leurs mélodies salvatrices, à la vie.
Cette véritable odyssée mènera bien évidemment la baleine à découvrir ses propres capacités, et à trouver sa voie… et sa voix.
C’est donc un récit tout ce qu’il y a de plus classique que nous offre le cinéaste Reza Memari (Le voyage de Ricky, 2017) dans ce film d’animation divertissant et joliment mené, qui réserve toutefois bien peu de surprises.
Établi autour de personnages familiers — dont l’efficacité est variable —, le scénario s’appuie sur des ressorts narratifs rendus populaires par la grande famille Disney ; un héros en deuil, une quête initiatique, un précepteur dépassé par la témérité de son élève, une acolyte énergique et tout en verve et un élément comique — ici un concombre de mer au système digestif un peu trop efficace. La grande expressivité des différents personnages est généralement bien servie par les performances vocales des acteurs, qui s’avèrent cependant inégales.
Le film se distingue plutôt sur le plan visuel, le travail d’animation rendant magnifiquement la splendeur des fonds marins et le majestueux ballet qu’y dansent les créatures qui les peuplent. Cette immersion réaliste dans les océans — îlots d’ordures et filets de pêche en prime — ne perd pas de vue son jeune public en offrant un joli contraste avec le côté plus cartoonesque des personnages, tout en suscitant la curiosité sur l’importance de la préservation des écosystèmes.
La quête vocale de Vincent offrait également un défi de taille aux concepteurs sonores et aux compositeurs, qui parviennent ici à dégager une trame musicale embrassant à la fois la vastitude des océans et l’intimité presque douloureuse que fait naître le mystérieux et bouleversant chant des baleines.
Un beau film, dont les ressorts connus font l’effet d’une couverture réconfortante, s’ils ne provoquent pas un long bâillement.


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