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Vincent Boily : donner une deuxième chance au hockey

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Comme bien des jeunes hockeyeurs, Vincent Boily rêvait de soulever la coupe Stanley quand il filait à toute allure sur la surface glacée de l’aréna de Saint-Eustache, sur la couronne nord de Montréal.

Un rêve qui a volé en éclats quand il a été victime d’un grave accident de motoneige au Mont-Fortin, dans l’arrondissement de Jonquière, à Saguenay, où il visitait sa famille en décembre 2017. Celui qui allait se joindre à l’Océanic de Rimouski est plutôt parti en avion-ambulance vers l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal, où l’on soigne les polytraumatisés.

J’avais le bras cassé, complètement comme une guenille, les deux jambes fracturées, les chevilles égrenées et une commotion cérébrale, énumère Boily. Ma plus grosse blessure, c’est qu’une de mes vertèbres a explosé et que ma moelle épinière a été comprimée. Je suis passé à une couple de millimètres d’être paralysé pour la vie, mais aussi à une couple de millimètres de mourir.

Plutôt que de continuer de gravir les échelons vers le hockey professionnel, l’adolescent de 17 ans, né à Alma, a multiplié les chirurgies et les mois en réadaptation dans l’espoir de rechausser les patins. C’était sa principale source de motivation dans les moments difficiles. À peu près un an après son accident, il y est parvenu. Ce moment, qui devait être joyeux, a plutôt eu l’effet d’un coup de pelle dans la figure.

En déséquilibre sur ses patins, Boily a compris que sa vie ne serait plus jamais la même.

Je me souviens que j’ai pleuré toute la nuit, parce que c’est à ce moment que j’ai réalisé que mon rêve de jouer au hockey professionnel était terminé, mais aussi que j’allais avoir des limitations physiques pour le restant de ma vie.

Les mois qui ont suivi ont été particulièrement difficiles. Il a touché le fond. Ses parents ne voulaient plus le laisser seul tellement ils craignaient qu’il commette l’irréparable. C’est un voyage en solitaire en Australie qui l’a fait sortir de sa spirale infernale. Il a établi de nouveaux objectifs et a trouvé un sens à sa vie. Carrément.

C’est à son retour qu’il a découvert le parahockey et qu’il a recommencé à aimer son sport.

Pendant un bon moment, le hockey me faisait chier, confie le bachelier en administration à l’UQAM. J’avais de la misère à regarder le Canadien. La découverte du parahockey a apaisé mes frustrations. J’avais trouvé une façon de faire ce que j’aimais.

Sa progression a été rapide. De la patinoire dans sa cour arrière, aménagée durant la pandémie, Boily s’est rapidement joint à l’équipe du Québec, puis à l’équipe canadienne. Son ardeur au travail, combinée à une sainte horreur de la défaite, lui a fait gagner ses galons avec Équipe Canada, avec laquelle il a remporté le Championnat du monde en 2024.

Fougueux, travailleur acharné sur la glace, il s’apprête à vivre sa première expérience paralympique à Milan au mois de mars. Sa place dans l’équipe nationale a été confirmée mardi. Le Canada espère conquérir une première médaille d’or depuis les Jeux de Turin, en 2006.

Si les Canadiens sont invaincus aux Jeux paralympiques en sol italien, ce sont les Américains qui ont occupé le sommet de la pyramide dans les deux dernières décennies. Les quadruples champions paralympiques ont d’ailleurs rossé les Canadiens 6-1 en finale du dernier mondial, à Buffalo, au printemps dernier.

Cette dernière défaite servira de motivation pour Boily et les Canadiens. Il reste que sa motivation est encore plus profonde.

Quand j’étais jeune, je m’imaginais gagner la Coupe Stanley, se souvient Boily. Les images me reviennent, mais l’objectif est maintenant de gagner les Jeux paralympiques. Je veux avoir la médaille d’or autour du cou pour bien représenter tous les jeunes joueurs de parahockey qui aimeraient faire partie de cette équipe-là ou bien les personnes avec un handicap.

Vincent Boily a eu du mal à accepter son handicap après son accident. S’il admet qu’il vit encore aujourd’hui de petites baisses de moral, il reconnaît que sa vie est tout sauf ordinaire.

Je ne sais pas si, un jour, je vais être à 100 % correct avec ma situation, mais je peux dire que les plus beaux moments de ma vie, je les ai vécus après mon accident.

L’émission Le rêve paralympique sera consacrée à Vincent Boily samedi, à 21 h 30 (HNE), sur ICI Radio-Canada Télé.

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