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Des commerçants ont imaginé une capsule temporelle remontant au XIe siècle. Derrière l’humour, une opération bien réelle pour redonner vie au centre historique.
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Par Sophie Quesnel Publié le 1 avr. 2026 à 9h44 ; mis à jour le 1 avr. 2026 à 9h50
Et si les commerçants d’aujourd’hui étaient les héritiers directs de ceux du XIe siècle ? Dans une commune du Calvados, l’idée peut prêter à sourire… mais elle est au cœur d’une opération aussi originale qu’efficace.
À l’origine du projet, Sébastien, photographe connu sous le nom de Bab XIII. Membre de l’association de commerçants « Touques qui bouge », il a imaginé un scénario digne d’un film : une mystérieuse boîte, retrouvée dans l’église, scellée depuis l’époque de Guillaume le Conquérant.
« L’idée, c’était de faire parler de Touques autrement », explique-t-il. « Beaucoup de gens connaissent la zone commerciale… mais ignorent complètement qu’il existe un bourg, un centre historique, des commerces qui vivent toute l’année. »
Une capsule temporelle… version médiévale
Le point de départ : une capsule temporelle, supposément enfouie depuis le XIe siècle. À l’intérieur ? Des traces d’un passé inattendu : les « ancêtres » des commerçants actuels.
« On a imaginé une sorte d’objet magique capable d’immortaliser les gens de l’époque », raconte Sébastien Reims. « Quand on ouvre la boîte, on découvre les commerçants médiévaux… qui sont en réalité les commerçants d’aujourd’hui. »
Avec l’aide de l’intelligence artificielle, chaque participant a ainsi été mis en scène dans un univers médiéval, en lien avec son activité actuelle : artisan, commerçant, figure locale… tous replongés dans une autre époque.
Un projet monté en quelques jours
Pensée comme un poisson d’avril, l’opération a été construite très rapidement.
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« Tout s’est fait en une journée et demie », précise le photographe. « J’avais déjà l’idée en tête, il a fallu l’adapter et embarquer tout le monde. »
Pour renforcer la crédibilité, la municipalité a été associée au projet. Une manière de donner du poids à l’histoire et de semer le doute.
Car le but n’était pas simplement de piéger, mais d’installer un récit.
« On a étalé ça sur plusieurs jours pour que les gens commencent à y croire, à s’interroger, à se replonger dans l’histoire de la ville. »
Un buzz… au service du commerce
Derrière le clin d’œil, l’objectif est clair : attirer l’attention sur le centre-bourg.
« On voulait montrer qu’il y a une vraie vie ici », insiste Sébastien Reims. « Une ambiance, des commerces, un patrimoine. Il suffit de faire quelques pas en dehors de la zone commerciale pour le découvrir. »
Tous les commerçants de l’association ont joué le jeu, posant en costume ou intégrés dans des décors retravaillés, avec l’aide d’outils numériques pour recréer l’univers médiéval.
Entre fiction… et réalité
Si l’histoire de la capsule est fictive, elle s’appuie pourtant sur un socle bien réel : celui du passé médiéval de Touques. « On n’a rien inventé sur le fond », glisse le photographe. « On s’est appuyé sur l’histoire de la ville pour construire quelque chose de crédible. » Et le mystère a fonctionné.
Certains ont évoqué un poisson d’avril… mais peu ont deviné ce que contenait réellement la boîte.
Une opération pensée pour marquer
Film, visuels, storytelling : tout a été conçu pour créer un effet marquant.
« Peu importe que les gens y croient ou pas », conclut Sébastien. « L’important, c’est qu’ils en parlent, qu’ils soient intrigués, qu’ils découvrent Touques autrement. »
Un pari audacieux… qui pourrait bien dépasser le simple poisson d’avril.
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