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Notre Club des électeurs commence à se faire à l’idée que le Parti québécois (PQ) remportera le scrutin du 5 octobre. Avec un maigre appui d’environ 30 % des voix, Paul St-Pierre Plamondon serait un premier ministre sous surveillance. Nos panélistes souhaitent l’élection d’un gouvernement minoritaire. Ils tenteront d’envoyer de solides contrepouvoirs sur les banquettes de l’Assemblée nationale.
« Pour moi, la question de la majorité est plus profonde que la simple volonté de tenir ou non un troisième référendum : veut-on offrir à PSPP toutes les clés du pouvoir ? En répondant par la négative, les Québécois s’assureront de limiter les possibles dérives d’un gouvernement péquiste », affirme Louis-Philippe Durbet.
« Il m’apparaît évident que de n’offrir qu’une minorité au chef péquiste enverrait un message clair : il ne doit plus être possible, au Québec, de s’approprier tous les pouvoirs de l’État avec seulement 30 % des intentions de vote. Ce serait alors le début, je l’espère bien, d’une collaboration entre les cinq partis représentés à l’Assemblée nationale — par la force des choses, et parce qu’une telle pluralité d’opinions politiques implique forcément de repenser notre système politique au grand complet », précise l’étudiant à l’École du Barreau.
L’appui du chef péquiste à une réforme du mode de scrutin, cette semaine, n’est pas passé inaperçu au sein de notre panel : tous souhaitent que le système électoral reflète plus fidèlement les multiples nuances de gris au sein de l’électorat. Nos électeurs espèrent une forte mobilisation de la société civile, dans les prochains mois, pour que les partis politiques transforment notre système conçu pour le bipartisme.
« Notre système mal adapté à la réalité d’aujourd’hui incite les gens à voter stratégique : sinon, ils savent que leur vote ne vaut rien ! » déplore Mahjoub El Hamakani, le grand sage du groupe.
En attendant une très hypothétique réforme du mode de scrutin, notre panel électoral soupèse comment limiter les pouvoirs du prochain gouvernement — pour lequel 70 % des électeurs n’auront pas voté.
Les projecteurs sur Québec solidaire
La performance de Ruba Ghazal au débat de Radio-Canada a suscité des applaudissements dans notre Club des électeurs. « Elle a fait ce que j’attendais depuis longtemps : elle a été réaliste, comme si elle reconnaissait qu’elle ne formerait ni le gouvernement ni l’opposition officielle. Elle a parlé du rôle que QS pourrait jouer à l’Assemblée nationale, en rappelant que chaque député compte », dit Mahjoub.
« Je suis content qu’on ait pu voir une Ruba qui se rend compte que de vouloir être trop sympathique, c’est malheureusement mortel dans un débat comme ça, qui prend sa place et qui va chercher l’espace nécessaire pour exprimer clairement les idées de QS, et ça brillait. J’ai vraiment aimé son débat », renchérit Jocelyn Brousseau.
Alicia Despins, chargée de cours en administration publique et ex-élue municipale, a apprécié non seulement la porte-parole solidaire, mais aussi sa candidate dans Abitibi-Est, Sara Germain : « Je l’ai vue dans un débat local, elle était tellement solide, tellement compétente. T’avais le goût de faire campagne avec elle. C’était tellement beau. Et elle répondait aux questions pour vrai. J’ai un passé chez les jeunes libéraux et j’envisageais le vote stratégique, mais je pense que je vais voter pour la meilleure personne. Dans ce cas-ci, ça va être Sara. »
Jocelyn Brousseau
44 ans, père d’une fille, Gatineau
Travailleur humanitaire qui revient au Québec après 17 ans à l’étranger
« Le ton corporate de Christine Fréchette m’irrite de plus en plus. On ne gère pas un État, on le gouverne. Ce n’est pas le même exercice du tout. Ce sont deux compétences différentes, et avec Mme Fréchette, c’est 100 % gestion 0 % gouvernance. On dirait que son script raide comme une barre est écrit par les avocats d’une grande banque. »
Diaka Camara
42 ans, mère de trois enfants, Montréal
Gestionnaire en technologies de l’information
« Je reste sur ma faim, parce que je découvre un Charles Milliard sur la fin de la campagne. J’aurais aimé qu’il ait le temps qu’a eu Pablo Rodriguez pour se faire connaître. Qui sait ce qui aurait pu arriver ? »
Marjolaine Cloutier
60 ans, mère d’une adulte, Trois-Rivières
Conseillère stratégique dans le milieu communautaire
« L’accumulation de sondages me donne le tournis et je dois humblement avouer que pour la première fois, j’ai hâte que cette campagne se termine. Mon souhait le plus cher est que le grand gagnant, le 5 octobre, soit le taux de participation aux élections. C’est un privilège de vivre en démocratie et de pouvoir voter, alors exprimons-nous en grand nombre. »
Alicia Despins
32 ans, en famille recomposée, Val-d’Or
Doctorante et chargée de cours en administration publique
« Même si notre système électoral actuel n’est pas conçu pour ça, je souhaite un gouvernement minoritaire le 5 octobre. Non pas parce que je le souhaite éphémère, mais parce que je crois que les Québécois veulent entendre plusieurs voix autour de la table et voir naître des projets rassembleurs. J’ai déjà vu la collaboration en action, je sais qu’elle est possible. »
Louis-Philippe Durbet
22 ans, Sherbrooke
Étudiant à l’École du Barreau
« Sur la réforme du mode de scrutin, je peux comprendre qu’il y a eu beaucoup de promesses dans le passé et qu’on peut être sceptique, mais je pense qu’on est à un stade où ça devient inévitable comme changement. Avec cinq partis représentés à l’Assemblée nationale, puis si le gouvernement est minoritaire, au moins trois partis, peut-être quatre, auront avantage à pousser vers un changement. On n’est plus du tout dans la dynamique de deux, trois partis à l’Assemblée. »
Mahjoub El Hamakani
74 ans, père et grand-père, Montréal
Gestionnaire retraité de la SAQ
« Il y a un sujet que je trouve encore trop absent de cette campagne : l’environnement. On parle beaucoup du Québec d’aujourd’hui. J’aimerais qu’on parle davantage du Québec que nous allons laisser à la prochaine génération. Et l’environnement devrait être au cœur de cette réflexion. »
Lylliane Le Quellec
64 ans, Sherrington (Montérégie)
Ingénieure en informatique à la retraite
« Dans le débat, on a demandé à Charles Milliard : “Pourquoi vous êtes si fédéraliste ?” J’ai trouvé qu’il avait manqué l’occasion de faire une distinction entre le gouvernement fédéral et le Canada. Pour moi, c’est deux choses. Toutes les provinces ont leurs luttes de pouvoir avec le gouvernement central […], mais le Canada est un pays, un peuple, une nation et moi, je suis fière de faire partie de cette nation. C’est ce à quoi je tiens. »


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