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Après les concentrations Sports et arts études, viendra Nature-études. Le gouvernement du Québec veut implanter dans les écoles secondaires de la province ce nouveau programme, qui est à l’étape de projet pilote.
Apprendre à pêcher de façon responsable, découvrir les plantes qui verdissent nos forêts, identifier les oiseaux à partir de leur chant : c’est ce qui attend les élèves de certaines écoles secondaires qui seront inscrits dans la concentration Nature-études.
Le programme sera offert aux élèves des 1re, 2e et 3e années du secondaire des cohortes pilotes à l’automne 2026 et aux élèves des écoles participantes d’un peu partout dans la province pour la rentrée 2027.
Le tout est coordonné par le ministère de l’Environnement, de la Lutte aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs, qui a débloqué un budget de 2 millions de dollars pour la phase pilote.
Décoller un petit peu [les adolescents] des technologies, ça ne ferait jamais de tort, remarque le relationniste du ministère, Daniel Labonté.
Le programme peut permettre de développer toutes sortes de compétences qu’on ne retrouve pas nécessairement sur les bancs d'école. Donc on va sur le terrain, un retour en quelque sorte sur le plancher des vaches.
Cinq écoles ont été sélectionnées pour bâtir le programme, dont l’école Grand Défi à Mont-Joli, qui accueille des élèves ayant des difficultés.
Liste des écoles participantes à la première phase du projet pilote :
- École Jean-Raimbault, à Drummondville;
- Polyvalente Hyacinthe-Delorme, à Saint-Hyacinthe;
- École Grand Défi, à Mont-Joli;
- École secondaire du Rocher, à Shawinigan;
- École polyvalente Nicolas-Gatineau.
D’ailleurs, les élèves de l'école Grand Défi ont déjà accès à une approche similaire, soit l’intervention par la nature et l’aventure (INA), en participant à des activités comme l’escalade et la zoothérapie.

Des élèves de l'école Grand Défi ont pu participer à des ateliers de zoothérapie équine au printemps dernier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Ainsley-Vincent
Ce savoir-faire a motivé la directrice adjointe de l’école, Mélanie Deschênes, à lever la main pour participer à l’élaboration du programme Nature-études.
On ajoute, avec Nature-études, tout le volet académique en lien avec la science, la biodiversité, etc., distingue Mélanie Deschênes. L’élève pourrait notamment avoir un aperçu des métiers de demain liés à l’environnement, aux sciences et à la gestion de la faune et du territoire, peut-on lire dans la brochure du gouvernement provincial.
Le plaisir d’apprendre autrement, d’être collé à la réalité de la nature... [...] À l'extérieur, on sort du cadre, puis c'est de ça qu'ils ont besoin, ces élèves-là, ajoute Mélanie Deschênes.
Il y a des études qui le disent, que de passer du temps en nature, c’est bon pour la santé.
Ce que disent les études
Le professeur titulaire au Département des sciences de l'éducation à l’Université du Québec à Chicoutimi, Loïc Pulido, croit que le programme sera une belle opportunité pour les milieux scolaires et pour les élèves.
Quand les enfants et les adolescents ont la possibilité d’apprendre à l’extérieur, ils sont plus actifs physiquement et moins sédentaires que dans un contexte scolaire, relève effectivement le chercheur, qui note un effet domino positif sur la santé mentale.

Le professeur au Département des sciences de l’éducation, Loïc Pulido, croit que la COVID-19 a donné un élan positif à l'apprentissage en plein air.
Photo : Université du Québec à Chicoutimi
Et qu’en est-il de l’apprentissage en nature… l’hiver? Les environnements hivernaux ouvrent énormément de possibilités au niveau pédagogique!, s’enthousiasme Loïc Pulido.

Un quinzhee est un type d'abri fabriqué dans la neige. (Photo d'archives)
Photo : iStock / AHPhotoswpg
On peut creuser [dans la neige], on peut construire des abris. Et à partir de ça, on peut faire des mathématiques, des sciences, donne-t-il en exemple. Ses recherches tendent même à démontrer que les enseignants qui prennent de l’expérience en apprentissage en nature vont plus souvent à l’extérieur avec leurs élèves l’hiver que l’été.
Loïc Pulido espère que le déploiement du programme sera bien encadré pour que tous vivent une expérience positive de la pédagogie en plein air.
De son côté, Daniel Labonté indique qu’un appel d’intérêt sera lancé par son ministère au printemps auprès des directions d’école qui aimeraient offrir le programme Nature-études.


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