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Se remettre d'un deuil prend du temps et pour les proches des femmes victimes de violence, reconnaître l'inacceptable est encore plus difficile. La tante d'Isabelle Bolduc, retrouvée morte à Sherbrooke il y a 30 ans, espère depuis longtemps qu'un lieu de recueillement soit fondé pour les familles. À sa grande surprise, la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, s’est engagée à fonder un lieu de mémoire.
La vie de Josée Bolduc s'est effondrée en 1996, quand sa nièce a été enlevée, séquestrée, violée et tuée. Le meurtre sordide d'Isabelle Bolduc l'a hantée pendant 25 ans. Tout ce temps, elle s'est répétée qu'elle aurait dû aller chercher la jeune femme, assassinée au retour d'une fête.
J’ai suivi plusieurs thérapies et ça n'aboutissait à rien.
C'est finalement la rencontre entre Josée Bolduc et le cheval Athos dans un ranch thérapeutique qui aura permis de la soulager en 2020. On ne pense à rien d'autre. La douleur s’envole, les mauvaises pensées s’envolent. C’est vraiment le moment présent qu’on vit ici.

Josée Bolduc en compagnie d'Athos.
Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland
Josée Bolduc aurait voulu bénéficier d'un lieu paisible de recueillement au moment où elle a vécu l'épreuve la plus difficile de sa vie. Elle souhaite ainsi qu'un parc soit créé pour les familles des victimes de violence et les femmes survivantes.
Avec des arbres, le bruit des oiseaux, une belle place de sérénité, enfin, pour que tout le monde puisse se reposer, se poser espère celle qui a proposé l'idée à la mairesse de Sherbrooke, avec peu d'espoir qu'elle se concrétise. Mais la semaine dernière, Marie-Claude Bibeau s'est engagée à créer un espace de mémoire, dont l'emplacement et le nom reste à définir.
Ça sera pas fait demain matin, précise la mairesse, parce que je veux vraiment que cette démarche-là soit faite en collaboration avec les organismes, avec les familles de victimes aussi.
Guérir dans un lieu de mémoire
Sur le terrain, des organismes accueillent l'initiative les bras ouverts, dont la porte-parole du CALACS agression Estrie, Kelly Laramée. On pense que c'est important d'avoir un tel lieu parce que, souvent, ce que les victimes vont nous nommer, c'est qu'il y a un silence, il y a un déni entourant les violences faites aux femmes. Souvent, les familles aussi vont nous nommer qu'on tombe rapidement dans l'oubli.

Kelly Laramée est porte-parole du CALACS agression Estrie.
Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland
Ça peut être aussi un outil de prévention, de sensibilisation que de dire collectivement : "On n'accepte pas ces violences-là, on en parle", ajoute Kelly Laramée.
Le collectif Pas une de plus, qui milite contre les féminicides, a besoin d'un endroit pour tenir des réunions et s'organiser. Il espère que le site choisi permettra à ses membres de se rassembler.

Julie Dionne est porte-parole du collectif Pas une de plus.
Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland
Pour l'instant, le collectif est vraiment en mode attente. C'est très flou, puis on ne sait pas trop vers où on se dirige. Pour nous, c'est important quand même que le choix du lieu soit approprié, puis que le nom aussi se fasse choisir en collaboration avec les personnes qui sont concernées, souhaite la porte-parole du collectif Julie Dionne.
Je veux que les gens se rappellent.

Une photo de Josée Bolduc et sa nièce, Isabelle Bolduc, prise un mois avant sa mort.
Photo : Josée Bolduc
Josée Bolduc désire quant à elle que le prénom d'Isabelle Bolduc soit bien en vue sur une plaque commémorative.


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