La mission SMILE doit décoller dans la nuit de lundi à mardi de Kourou. Prévue pour durer un peu plus de trois ans, cette mission sino-européenne doit permettre de mieux comprendre comment le champ magnétique protège la Terre des vents solaires. Le satellite doit également aboutir à une meilleure compréhension de la météo spatiale.
La bataille que se livrent continuellement les vents solaires et le champ magnétique de la Terre est une interaction invisible la plupart du temps. Et pourtant, les premiers arracheraient les différentes couches de l'atmosphère et transformeraient petit à petit la planète bleue en une nouvelle Mars.
Le "bouclier" de la Terre
Une protection essentielle à la vie donc, dont on va enfin pouvoir observer le fonctionnement. C'est le but principal du satellite SMILE - pour Solar wind Magnetosphere Ionosphere Link Explorer - qui doit décoller mardi à 5h52 heure de Paris (03h52 GMT) depuis Kourou. L'aboutissement de 10 ans de travail pour le millier de personnes qui ont travaillé sur ce projet.
Les vents solaires naissent des éjections de masse coronale (CME) qui se produisent à la surface du Soleil. Ces éjections de plasma provoquent des flux de particules qui se propagent ensuite jusqu'à la Terre, à une vitesse pouvant atteindre deux millions de kilomètres/heure.
Ces flux sont très largement détournés par le champ magnétique de la Terre, mais quand les vents sont puissants, des particules chargées pénètrent dans notre atmosphère et interagissent alors avec les particules de l'atmosphère. C'est ce phénomène qui engendre les fameuses aurores boréales.
Entre 5.000 et 121.000 km d'altitude
Grâce à SMILE, les scientifiques vont pouvoir observer cette bataille à la magnétopause, l'endroit où le bouclier du champ magnétique détourne ces vents solaires, mais aussi au-dessus des pôles (les cornets polaires), là où sont visibles les photons en rayons X, explique Dimitra Koutroumpa, chargée de recherche au sein du LATMOS, le laboratoire Atmosphères Observations Spatiales du CNRS.
— European Space Agency (@esa) May 15, 2026
Pour ce faire, SMILE a une trajectoire pour le moins insolite : le satellite va osciller entre 5.000 km d'altitude au dessus du pôle Sud, et 121.000 km au dessus du pôle Nord. Une trajectoire qui permet aux scientifiques de faire des observations avec précision mais également d'avoir une vision d'ensemble.
En effet, "le champ magnétique terrestre, qui va jusqu’à 10 rayons de la Terre [soit près de 64.000 km] nous protège, mais lors de tempêtes solaires, il est fortement compressé, et peut alors se retrouver à seulement deux ou trois rayons terrestres", explique à 20minutes David Agnolon, chef de projet.
Connaître la météo solaire pour préserver les télécommunications
Au-delà de l'aspect scientifique, SMILE est également une mission qui revêt un caractère sécuritaire. Quand les vents solaires sont particulièrement forts, ils peuvent engendrer des tempêtes solaires qui peuvent perturber les satellites, l'ISS, voire les télécommunications.
Comprendre la météo spatiale permettrait donc aux personnes qui gèrent les satellites de mieux anticiper les risques liés aux tempêtes solaires. Les premières données devraient être collectées en moins d'une heure. SMILE est prévu pour fonctionner trois ans et demi. Une durée de vie qui peut doubler.


2 week_ago
61



























.jpg)






French (CA)