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Le gouvernement promet de protéger les vendangeurs avec des tentes de deux mètres et de l’eau fraîche.
Un arrêté du 20 août 2026, publié au Journal officiel le 25 août, ajoute la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, l’Yonne et le Rhône au dispositif.
Le texte entrera en vigueur le 26 août. Il ne crée pas une autorisation générale de transformer les exploitations viticoles en campings : le Code rural prévoit que l’inspecteur du travail doit autoriser l’employeur à recourir à ce type d’hébergement, pour des saisonniers recrutés moins d’un mois. La possibilité est ouverte du 1er juin au 30 septembre.
Faute de logements, sortez les sardines
La mesure était réclamée depuis plusieurs mois par des représentants du monde viticole. Le député de Saône-et-Loire Lionel Duparay avait interpellé le gouvernement le 30 juin sur les difficultés de recrutement liées notamment au manque d’hébergements pendant les vendanges.
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, avait alors justifié l’extension par l’évolution des conditions climatiques et la pénurie de logements saisonniers. Objectif officiel : « concilier souplesse pour les employeurs agricoles et protection pour les saisonniers ». Traduction moins ministérielle : lorsque les chambres manquent en pleine saison touristique, on ajoute désormais la tente à la boîte à outils du recrutement agricole.
Deux mètres de haut, un sol isolant et une température « convenable »
Le gouvernement encadre tout de même son camping agricole. Les tentes devront mesurer au moins deux mètres de hauteur, disposer d’un sol isolant du terrain naturel et être aérées. Les matelas pneumatiques sont interdits. Chaque travailleur doit disposer d’un rangement individuel fermant à clé ou avec un cadenas.
Les installations sanitaires doivent également comprendre, pour dix travailleurs, un point d’eau potable et fraîche, un lavabo, une douche, des équipements pour laver la vaisselle et le linge ainsi qu’un cabinet d’aisance. Une trousse de premiers secours et un extincteur sont également exigés.
Reste une formulation particulièrement intéressante en période de canicule : les tentes doivent être maintenues à une température « convenable en toute saison ». Aucun seuil maximal précis n’est toutefois fixé dans cet article. En cas de « chaleur intense », le texte exige simplement qu’une quantité suffisante d’eau soit disponible en permanence.
Qui contrôle et qui paie ?
L’autorisation dépend donc de l’inspection du travail, mais l’arrêté ne fixe pas de fréquence particulière de contrôle une fois le campement installé. Sur le terrain, la qualité réelle de l’hébergement dépendra donc largement de l’application des règles et des vérifications effectuées.
Autre sujet à surveiller : le prix. L’arrêté détaille les mètres, les douches, les cadenas et les poubelles, mais ne fixe aucun tarif d’hébergement ni régime particulier de retenue sur la rémunération. Les conditions financières devront donc être examinées dans les contrats, les conventions applicables et les pratiques des employeurs.
La macronie n’a donc pas résolu la pénurie de logements pour les vendangeurs. Elle vient surtout de réglementer plus précisément la tente. Pour le saisonnier, après des heures dans les vignes, le progrès social version 2026 pourra parfois se mesurer ainsi : deux mètres sous la toile et, si le thermomètre s’emballe, de l’eau fraîche à volonté.


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