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Var : « Ils piquent l'eau et l'électricité », plus de 100 caravanes s'installent à Puget-sur-Argens

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Évacués de Grimaud lundi, plus de cent véhicules se sont réinstallés dans la nuit sur un terrain privé de Puget-sur-Argens. Le maire, pris de court, dénonce une occupation illégale

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Une centaine de caravanes se sont installées sur la commune de Puget-sur-Argens

Une centaine de caravanes se sont installées sur la commune de Puget-sur-Argens (©Christophe Rivard)

Par Paul De Roo Publié le 30 juin 2026 à 21h16

L’opération menée ce lundi 29 juin sur la plaine de Grimaud n’aura offert qu’un répit de quelques heures aux autorités du Var. Selon nos informations, l’essentiel du groupe évacué s’est redéployé dans la nuit à Puget-sur-Argens, où plus d’une centaine de véhicules se sont installés sur un terrain privé.

Contactée, la compagnie de gendarmerie de Draguignan confirme l’installation et parle d’une occupation illégale. Les gendarmes s’emploient à faire partir le groupe rapidement, mais aucun terrain de repli n’a pour l’heure été communiqué.

Une semaine de tractations à Grimaud

Pour comprendre ce qui se joue à Puget-sur-Argens, il faut remonter à l’opération de Grimaud. Selon le chef d’escadron Martel, commandant de la compagnie de gendarmerie de Gassin-Saint-Tropez, le dispositif s’est étalé sur plusieurs jours : phase de contact, de constatation, puis de négociation. « Ça a pris tout le week-end pour faire les dernières constatations, les dernières tractations, les propositions, parce qu’ils voulaient rester trois semaines », explique-t-il. Une demande qui n’a pas convaincu le préfet du Var, lequel a tranché pour un départ rapide dès ce lundi matin.

Le commandant détaille l’ampleur des moyens engagés : « On était un peu moins de 80 sur place et on avait une vingtaine de renforts disponibles, selon les différents scénarios. » Un dispositif d’autant plus serré qu’une partie du groupe menaçait de bloquer le carrefour de la Foux, point névralgique qui commande l’accès à tout le golfe de Saint-Tropez.

L’évacuation s’est faite en deux temps. « Hier, en fin d’après-midi, il y avait un quart du campement, c’est-à-dire 40 véhicules sur 160, qui étaient partis. Et puis, les derniers sont partis vers 7 heures du matin », précise le chef d’escadron Martel, qui assure que tout s’est terminé sans débordement.

Un phénomène saisonnier ?

Interrogé sur une possible hausse de ces campements illégaux dans le secteur, le commandant de la compagnie de Gassin-Saint-Tropez nuance. « Je ne pense pas que ce soit en augmentation. Tous les ans, il y a de gros campements », rappelle-t-il, évoquant jusqu’à « 2 000 à 3 000 personnes du voyage présentes dans le secteur à un instant donné en pleine saison ».

Il dresse ensuite l’état des lieux des installations en cours dans le golfe : des aires de passage légales à Sainte-Maxime et à Cogolin, mais saturées ; un campement à l’aéroport, parti après la menace d’une opération ; un très gros campement en cours à La Môle, environ 150 caravanes, mais avec un accord conclu avec la propriétaire ; et une installation illégale tout juste signalée à Gassin, sur un terrain communal, où la mairie a porté plainte.

À Puget-sur-Argens, le maire découvre l’installation pendant la nuit

Contacté ce mardi, le maire de Puget-sur-Argens, Guillaume Decard, confirme avoir découvert la situation sans avoir été prévenu. « D’après nos informations, ils sont arrivés cette nuit, sur le terrain privé. On n’a pas été au courant », indique l’édile, déjà en lien avec les services de l’État, la gendarmerie, la police municipale et le propriétaire du terrain.

L’élu, qui dit privilégier le dialogue, rappelle avoir affronté une situation comparable la semaine dernière, sur le stade de football d’honneur de la commune. « J’ai lancé le dialogue à plusieurs reprises avec eux pour leur faire comprendre qu’ils étaient sur un terrain public. Nous avons installé une voiture de la police municipale 24 heures sur 24 durant leur présence sur ce terrain », explique-t-il. Le nombre de caravanes avait alors été limité à neuf.

Sur le terrain agricole occupé aujourd’hui, le cas est différent : il s’agit d’un espace privé. Guillaume Decard évoque un projet agricole impacté et des branchements sauvages : « Ils piquent l’eau, ils piquent l’électricité. » Le maire se dit prêt à actionner tous les leviers à sa disposition, aux côtés du propriétaire.

« Si nous devons porter plainte, nous porterons plainte. Si je dois demander un référé au tribunal, je le demanderai avec mes avocats, on fera le nécessaire. »

Pas d’aire d’accueil légale sur la commune

Interrogé sur l’absence d’aire d’accueil légale à Puget-sur-Argens, le maire renvoie la compétence à l’intercommunalité. « C’est à la charge de la communauté d’agglomération. Je tiens à rappeler qu’il en existe une à Fréjus et que sur Saint-Raphaël, malheureusement, elle a été arrêtée et démolie », précise-t-il.

La commune n’en est d’ailleurs pas à sa première confrontation. L’an dernier, sous la mandature précédente, une cinquantaine de caravanes s’étaient déjà installées sur ce même stade de football, où elles étaient restées plus de deux semaines. « C’est le problème de notre destination. On est confronté sur notre région et sur le Var plus particulièrement, sur cette période, à chaque fois, à être vigilant, à redoubler d’efforts, à avoir des liens beaucoup plus étroits avec l’ensemble des acteurs », résume Guillaume Decard.

Le maire regrette l’absence de dialogue structuré avec les autres communes du Var confrontées au même problème et annonce vouloir alerter ses homologues via l’Association des maires du Var.

Les gendarmes déjà sur place

Selon Guillaume Decard, les gendarmes sont mobilisés depuis la nuit dernière, au même titre que les services municipaux. « Ce matin, la police municipale est partie à leur rencontre. Moi-même je dois me déplacer demain pour aller dialoguer et les rencontrer », indique l’élu.

Contrairement à Grimaud, où le campement jouxtait un lotissement, l’installation de Puget-sur-Argens n’a pour l’instant déclenché aucune plainte de voisinage : le terrain occupé se trouve dans la plaine de l’Argens, à l’écart du centre-ville.

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