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En août 2025, quatre corps avaient été repêchés dans la Seine, au niveau de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). Une expertise, consultée ce mercredi, a conclu à l'« abolition du discernement » du suspect. Selon l'expert, ce dernier n'est pas accessible à une sanction pénale. Une contre-expertise pourrait être demandée.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 17:04 | mis à jour aujourd'hui à 17:12 - Temps de lecture :
Une partie du mystère se lève sur l'affaire des corps de quatre hommes repêchés dans la Seine au niveau de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), en août 2025. Neuf mois après, une expertise consultée ce mercredi a conclu à l'« abolition du discernement » du suspect, Monji H., un sans-abri tunisien de 28 ans. Incarcéré depuis son interpellation peu après la macabre découverte, le jeune homme n'est « pas accessible à une sanction pénale » en raison d'un « trouble schizophrénique », estime cette expertise, confirmant une information du Monde.
Selon celle-ci, Monji H. présentait au moment des faits des « manifestations psychotiques envahissantes caractérisées par une perte de lien avec la réalité et de sévères troubles du jugement pour lesquels nous retenons une abolition du discernement et du contrôle de ses actes ». « Les faits sont en lien direct avec l'existence d'une pathologie psychotique non traitée et non stabilisée », ajoute encore le rapport.
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Le 13 août, les corps d'Abdellah M., Amir B., Sami K. et Frantz (dont la famille demande l'anonymisation) ont été découverts dans la Seine au niveau de la gare RER de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), à une dizaine de kilomètres en amont de la capitale. Une semaine plus tard, Monji H., qui vivait dans un local désaffecté à quelques pas de la scène de crime, est placé en garde à vue puis mis en examen et écroué.
La personnalité de ce jeune sans-abri tunisien, venu en France pour « trouver un avenir meilleur » comme il l'a expliqué au psychiatre, était originellement entourée de mystère et ses motivations troubles. Neuf mois plus tard, cette première expertise psychiatrique met en évidence « l'existence d'une activité délirante de thématique mystique et persécutoire et de mécanisme interprétatif ». Monji H. « donne un sens erroné aux perceptions de l'environnement qu'il a, par exemple, des nuages », note encore l'expert psychiatre.« J'ai commencé à voir des nuages, à chaque fois, je suis allé tuer chacun en les étranglant... Les nuages prenaient des formes, c'était la première fois que je voyais ça », a-t-il déclaré au médecin. « Ces messages venaient de Dieu... c'était plus fort que moi », poursuit-il.
Quatre corps avaient été retrouvés dans la Seine à Choisy-le-Roi (Val de Marne) en août 2025. Photo Sipa/Arnaud Cesar Vilette
La motivation homophobe écartée ?
Ces propos rapportés du suspect font écho à ses aveux mi-février lors d'un interrogatoire mené par la magistrate instructrice, que l'AFP a pu consulter. Il y explique par exemple avoir vu en regardant le ciel l'une des victimes, Amir B., « prendre la forme d'un animal et avoir un rapport sexuel avec un animal ». Peu après, Amir B. « s'est mis debout et je l'ai étranglé ». Mobilisée sur le sujet - car l'endroit où les corps ont été découverts était connu pour être un lieu de rencontres gay - l'association STOP Homophobie avait indiqué suspecter « une possible motivation homophobe », une piste un temps explorée par les enquêteurs et qui n'est pas mentionnée dans le rapport d'expertise.
L'expert relève enfin une « dangerosité psychiatrique » ainsi que plusieurs éléments « de pronostic défavorable sur le plan criminologique », après avoir précisé que Monji H. « aurait tenté d'étrangler deux autres détenus » pendant son incarcération.
« Nous recommandons la mise en œuvre d'une hospitalisation sur demande d'un représentant de l'Etat afin de poser un diagnostic, de l'évaluer plus finement et de lui prodiguer des soins adaptés », conclut l'expertise.
Une contre-expertise réclamée
« La défense prend acte de cette expertise psychiatrique », ont indiqué à l'AFP les avocats du suspect, Mes Antoine Ory et Benjamin Bohbot.
« Mes clients sont en colère parce qu'en l'état, et sous réserve d'une contre-expertise, cela les prive de l'éventualité d'un procès pour pouvoir confronter l'assassin de leur fils, de leur frère et de comprendre ses motivations », a pour sa part réagi Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, avocat de la famille d'Amir B. « Dans un dossier comme celui-là, pour quatre meurtres, on ne se satisfait jamais d'une seule expertise », a-t-il ajouté, anticipant la demande d'une contre-expertise par la juge d'instruction.


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