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Alors que la quasi-totalité des migrants entrés dans l'enclave espagnole de Ceuta ont déjà rebroussé chemin, les images de cette traversée ont aussitôt été récupérées par l'extrême droite française.
Publié le 03/08/2026 09:17
Temps de lecture : 2min
Marine Le Pen et Jordan Bardella, à Nice, le 14 juillet 2026. (PHILIPPE MAGONI / POOL)
Selon le gouvernement espagnol, lundi 3 août, la quasi-totalité des 60 000 migrants qui ont traversé la frontière entre le Maroc et l'Espagne dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 juillet ont déjà fait demi-tour. Un épisode qui a réveillé la droite et surtout l'extrême droite française au cœur de l'été.
Vendredi matin, à l'issue d'une semaine où même la gestion des incendies ne les fait plus réagir sur les réseaux sociaux, Marine Le Pen et Jordan Bardella commentent les premières images en provenance de Ceuta. La première dénonce "une folie" et le second "une invasion migratoire coordonnée du territoire européen". Pas moins de six posts en 24 heures sur le sujet pour le patron du Rassemblement national qui demande une réunion en urgence du Parlement européen. "La France doit sans délai renforcer les contrôles à ses frontières", écrit Marine Le Pen sur X. Ce que fera, dans les heures qui suivent, le gouvernement français. Elle ajoute : "En 2027, nous réserverons la libre circulation dans l'espace Schengen" aux seuls citoyens européens.
La candidate du RN marque son territoire dans ce début de campagne. Quitte à tordre la réalité des faits et celle du statut juridique de Ceuta. Car dans cette enclave espagnole, située sur le territoire marocain, les principales règles de l'espace Schengen ne s'appliquent pas, comme le lui font aussitôt remarquer ses opposants. En clair, un migrant qui entre à Ceuta est certes sur le territoire espagnol, mais il ne peut pas circuler librement dans le reste du pays et encore moins passer les frontières de l'Union européenne.
Exception faite des mineurs isolés, fait remarquer Jordan Bardella, "qui seront, selon lui, répartis dans toute l'Espagne". La loi espagnole oblige, en effet, les autorités à prendre en charge les mineurs isolés. Pourtant, eux aussi repartent très vite d'où ils viennent, à en croire les autorités espagnoles. Demi-tour sans eau, ni nourriture et avec une réalité sous leurs yeux : l'Union européenne n'est pas prête à les accueillir.
Que restera-t-il de cet épisode ? Au moins 72 migrants qui ont perdu la vie et sans doute rien ou presque en nombre d'immigrés illégaux entrés sur le territoire européen. Même s'il est encore trop tôt pour savoir combien de migrants exactement ont décidé de rester. Mais, à un an de la présidentielle en France, ces images de centaines de Marocains et d'Africains subsahariens arrivant à la nage sur le territoire européen, sont du carburant électoral pour le Rassemblement national, la matérialisation de cette "submersion migratoire" si souvent évoquée par ses dirigeants. Selon une enquête de la fondation Jean Jaurès, parue en mai 2026, l'immigration est la préoccupation commune à l'ensemble des électeurs du RN, actuels et potentiels.


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