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Soixante-trois jours. C’est la durée de l’absence de Paul Biya, et c’est ce chiffre qui alimente toutes les conversations à Yaoundé depuis plusieurs semaines. Cabral Libii, député et président du PCRN, a tranché ce dimanche 9 août sur Actualité 1 : sans vice-président nommé, personne ne peut saisir le Conseil constitutionnel pour constater un empêchement définitif. Un rappel juridique sec qui refroidit d’un coup les ardeurs de l’opposition qui réclamait une constatation immédiate de la vacance.
Une loi votée, un poste resté vide
La loi du 14 avril 2026 a modifié l’article 38 de la Constitution pour rétablir la Vice-présidence, un poste disparu depuis des décennies. Le président Biya l’a promulguée ce jour-là. Mais depuis, silence total sur la nomination.
Cabral Libii a été catégorique dans l’émission Grand Oral sur Actualité 1 : la nouvelle mouture de la loi n’a pas maintenu la prérogative de saisine qui appartenait auparavant au président de l’Assemblée nationale. « Tant qu’un vice-président n’est pas nommé, l’empêchement définitif ne peut, en théorie, être constaté », a-t-il affirmé. Le raisonnement juridique est simple, presque brutal dans sa clarté. Sans copie de démission, sans acte de décès, aucune instance ne peut légalement enclencher la procédure.
C’est exactement la phrase qu’on s’échangeait entre confrères ce dimanche soir : « Ils ont voté une loi pour rétablir un poste, et ils ont laissé le poste vide exprès. » Difficile de ne pas y voir une manœuvre calculée, ou du moins un flou entretenu qui arrange bien certains calculs politiques.
Le flou comme stratégie électorale
Le député ne s’est pas contenté du constat juridique. Il a orienté la sortie de crise vers les urnes, avec les législatives et municipales qui approchent. Selon lui, la solution ne viendra pas d’une saisine impossible mais d’un basculement de majorité à l’Assemblée nationale.
« Inscrivons-nous massivement sur les listes électorales, votons massivement contre ce régime qui entretient ce flou constitutionnel », a-t-il lancé sur le plateau d’Actualité 1. Une fois la majorité inversée, dit-il, les nouveaux élus pourront combler ce vide juridique eux-mêmes.
Le calcul politique est limpide. Et il déplace le débat, qui n’est plus une question de droit constitutionnel pur, mais une question de rapport de forces électoral. On attendait peut-être un chef de l’opposition qui exige une issue immédiate. Cabral Libii propose plutôt un chemin plus long, plus institutionnel, quitte à laisser perdurer une situation que lui-même qualifie de flou.
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Christiane Tamoura Engo
Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.


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