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Unifor estime qu’il est grand temps que Domtar statue sur l’avenir de son usine de papier de Kénogami. Le syndicat souhaite appuyer la forestière dans ses démarches pour un futur projet de modernisation, mais exige des réponses en contrepartie.
Unifor représente une soixantaine de travailleurs de la fabrication du papier à l’usine Kénogami. Les autres employés en production, soit 110 personnes, sont représentés par le Syndicat national des travailleurs et des travailleuses des pâtes et papier de Kénogami–CSN (SNTTPPK-CSN).
Depuis des mois, l’avenir de la production de l’usine et de ses travailleurs y est incertain en raison d’un contexte économique défavorable au secteur du papier.
Alors que les interruptions de production se multiplient, plusieurs élus provinciaux ainsi que le SNTTPPK-CSN réclament que Domtar s’engage dans la modernisation de l’usine.
En entrevue à C’est jamais pareil, le directeur québécois d'Unifor, Daniel Cloutier, estime qu’il est grand temps que la forestière dévoile ses plans d’avenir pour l’usine.

Le directeur québécois d'Unifor, Daniel Cloutier, demande à Domtar de faire preuve de transparence. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Ce qu'on comprend, c'est que le carnet de commande est vide ou en tout cas très mince. [...] Il y a eu des interruptions de production, on redoute qu'il y en ait encore cette année. Et puis, ce qu'on souhaite, c'est que Domtar prenne des dispositions pour assurer l'avenir de l'usine sur le long terme, indique-t-il.
Unifor a des contacts réguliers avec la direction de la forestière, sans toutefois obtenir un portrait complet de la situation, explique Daniel Cloutier. Il y a des choses qu’ils nous disent, il y a des choses qu’ils ne nous disent pas et il y a des choses qu’ils nous disent ne pas savoir non plus.
On veut véritablement savoir quel est le plan d'avenir pour l'usine.
Le directeur québécois d’Unifor possède si peu d’informations qu’il se questionne même à savoir si la forestière a développé un plan. S'ils savent où ils s'en vont, j'imagine que ce n’est pas prêt à la publication pour le moment, mais nous, les informations qu'on a à ce moment-ci, c'est un point d'interrogation.
L'entreprise a longtemps misé sur un projet de fibre cellulosique pour l'avenir de l'usine, une avenue qui semble s'être avérée infructueuse.
Québec et Ottawa sommés d’agir
Par ailleurs, l’intervention de Québec et d’Ottawa est nécessaire dans ce dossier, selon Daniel Cloutier.
La province doit mener à bien sa réforme du régime forestier afin notamment d’adresser sérieusement la question du coût de la fibre et de régionalisation la planifications des coupes, argue-t-il. Il estime que fédéral et provincial doivent appuyer les projets de conversion des usines dont la survie est menacée.
Quand on transforme [la production d’une] usine vers une gamme de papiers plus porteurs, on laisse de la place dans le marché pour les autres usines qui sont dans la même gamme de papiers et ça diminue la pression, explique M. Cloutier.
En début de semaine, sous l’impulsion des députés bloquistes de la région, le propriétaire de Domtar, l’Indonésien Jackson Wijaya, a été convoqué à témoigner devant le Comité permanent des ressources naturelles à la Chambre des communes.
Les députés veulent obtenir des réponses notamment en lien avec les révélations voulant que les installations hydroélectriques de la forestière dans la région soient transférées dans une société en commandite.
Selon Daniel Cloutier, cette convocation pourrait accentuer la pression sur la forestière, mais il reconnaît que les choses ont changé depuis l’acquisition de l'ancien et Produits forestiers Résolu par le groupe Paper Excellence. Le nouveau groupe, propriété unique de Jackson Wijaya, a depuis adopté le nom de Domtar pour toutes ses installations en Amérique du Nord.
Quand Papier Excellence a pris le contrôle de Domtar, ça venait avec… Pas des promesses précises, mais quand même des intentions fermes d'investissement. Et là, force est d'admettre qu'on l'a pas vu encore, ça, soutient-il.
Au moment de publier ces lignes, Domtar n'avait pas répondu à notre demande de commentaire au sujet de l'usine Kénogami.


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