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Le rapport de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) concernant l'agression survenue à l'urgence de l'hôpital de Rimouski le 26 janvier dernier met en lumière le mauvais fonctionnement du système destiné à déclencher un code blanc dans l'établissement à ce moment-là.
Vers 1 h 30 du matin cette nuit-là, quatre employés de l'hôpital ont été blessés par un patient en situation de crise.
Ce sont finalement deux paramédicaux qui ont réussi à maîtriser l'homme qui avait passé une bonne partie de la précédente journée à l'urgence.
Lorsque l'équipe Code blanc est arrivée sur les lieux, le patient s'était calmé et était retourné sur sa civière.
Qu'est-ce qu'un code blanc ?
Le code blanc est une procédure d’urgence en réponse à une demande d’aide immédiate de la part d’un membre du personnel. L’aide est requise, car un client, par son comportement violent ou menaçant, présente un danger pour sa sécurité et celle des autres.
Si le rapport de la CNESST ne jette le blâme sur personne, il nous apprend tout de même que les boutons d'urgence n'ont pas été d'une grande aide lors des évènements.
L'inspection révèle qu'il n'y avait pas de bouton à proximité du lieu de l'agression. Une demande a été faite pour en ajouter un au poste infirmier.
De plus, on apprend qu'un autre bouton n'était pas fonctionnel dans la nuit du 25 au 26 janvier.
Les trois autres boutons fonctionnaient normalement, mais pour les actionner, il est nécessaire d'appuyer pendant plusieurs secondes, ce qui peut constituer un enjeu lorsqu'un patient s'en prend violemment aux employés.
Il y aura mise en place d'une inspection hebdomadaire formelle des boutons Code blanc, peut-on lire dans le rapport d'inspection obtenu par Radio-Canada.
On indique aussi qu'une demande a été faite pour ajouter un tel mécanisme au poste des infirmières et pour remplacer les trois boutons au déclenchement jugé trop lent.
La CNESST n'a pas émis de dérogation ni de recommandation, considérant les actions déjà prises par le milieu et l'engagement à poursuivre l'identification des risques et la mise en place de correctifs.
L'organisme n'a donc pas retenu la principale doléance des infirmières, soit d'ajouter un agent de sécurité la nuit dédié exclusivement à l'urgence.
Impossible de savoir si les modifications au système de boutons Code blanc ont déjà été faites. Le CISSS n'a pas voulu répondre à cette question.
Il y a un comité paritaire qui a été mis en place. Nous souhaitons le laisser mener ses travaux. Le CISSS du Bas-Saint-Laurent ne fera aucun autre commentaire, s'est contenté d'écrire le responsable des communications, Gilles Turmel.
Le patient agressif avait passé plus de 9 heures à l'urgence
Le rapport d'inspection dévoile aussi la chronologie des évènements.
Le patient en question s'est pointé une première fois à l'urgence de l'hôpital de Rimouski le 25 janvier en fin d'après-midi. Il est alors vu par un membre du personnel et quitte les lieux vers 18 heures, avant d'avoir pu voir un médecin.

Le temps d'attente est souvent très long à l'urgence de Rimouski.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Vers 22 h 30, il se présente de nouveau à l'urgence. Il est alors installé immédiatement sur une civière. La raison n'est pas précisée. Un employé assure un service privé, c'est-à-dire qu'il est assigné pour surveiller en tout temps le patient en raison de son état. Cette personne sera la première victime de l'homme lorsqu'il s'agitera autour de 1 h 50.
Aucun signe avant-coureur n'est rapporté, précise l'inspectrice de la CNESST.
Un autre employé intervient alors et tente de raisonner le patient. L'usager agresse alors [NOM CAVIARDÉ], la fait chuter au sol, puis retourne porter des coups au [CAVIARDÉ] au service privé.
Un troisième membre du personnel tente de calmer le jeu. Elle est bousculée et sa tête percute le comptoir du poste des infirmières.
C'est à ce moment qu'une quatrième personne utilise un téléphone, car aucun bouton n'est présent à proximité pour un appel Code blanc.
Le présumé agresseur fait face à quatre accusations de voies de fait.


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