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Up Here : quand les murs changent de visage

3 week_ago 21

         

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Depuis ses débuts en 2015, le festival Up Here transforme les murs du Grand Sudbury. Chaque année, de nouvelles œuvres apparaissent sur les façades de la ville dans ce festival qui mêle art urbain et musique émergente.

Mais ces murales ne sont pas éternelles. Certaines s’effacent, vieillissent et finissent par céder leur place à de nouvelles créations.

Cette année, la communauté doit notamment dire au revoir à Nadia Murad de MissMe, à Inside Little Worlds de Katie Green, et à Good Wolf, Bad Wolf de BirdO.

Dans les trois cas, le temps a laissé ses traces.

Une question de logistique

Derrière chaque nouvelle murale, il y a d’abord un mur à trouver, un propriétaire à convaincre et une collaboration à établir avec l’artiste.

Une grande partie du travail consiste à promouvoir le projet, car les gens sont parfois anxieux à l'idée de recevoir une murale, détaille Ra’anaa Ekundayo, qui coordonne les projets de murales d’Up Here.

Il faut que l’artiste aime le mur et que le propriétaire aime l’artiste.

Dans la recherche du mur parfait, il y a aussi toute une série de considérations pratiques, incluant sa taille, son accessibilité, son état et même la présence de fenêtres.

Up Here reçoit régulièrement des suggestions de la population, mais une façade repérée dans la rue ne signifie pas nécessairement qu’elle est disponible.

Et même lorsqu’un mur est trouvé, rien n’est garanti à long terme.

Certains bâtiments sont appelés à être rénovés ou démolis. Une murale peut donc disparaître avec l’édifice qui la porte, ce qui s’est d'ailleurs déjà produit avec certaines créations du festival.

En parallèle, une murale peut aussi simplement arriver au bout de sa vie.

Avec la pluie, le soleil et la neige, la peinture perd de sa vivacité et commence à couler sur le mur, explique Ra’anaa Ekundayo.

Une murale avec de la peinture délavée.

La murale de Katie Green s'est détérioriée avec le passage du temps.

Photo : Festival Up Here

Certaines œuvres réalisées avec du wheatpaste, une technique qui consiste à coller du papier sur une surface, ont aussi une durée de vie plus courte.

C’est notamment ce qui est arrivé à deux des trois murales qui sont remplacées cette année, soit celles de Katie Green et de MissMe.

Pour l'œuvre de BirdO, qui occupe un mur à l'angle des rues Durham et Beech depuis presque 10 ans, la décision a été plus difficile pour l'équipe d'Up Here.

Tout le monde adore cette murale, mais elle avait besoin d’un rafraichissement, affirme Ra’anaa Ekundayo.

La décision de tourner la page n’est donc pas toujours simple, surtout lorsqu’une œuvre est devenue familière dans le paysage de la ville.

Un mur, plusieurs vies

S'il y en a une qui connaît bien ce concept, c’est Mique Michelle, l'artiste grafitti franco-ontarienne originaire de Nipissing Ouest.

En 2024, elle a vu sa murale Héron Bleu, qu’elle avait alors conçue en 2017 au coin des rues Ste. Anne et MacKenzie, être remplacée par une nouvelle œuvre du festival Up Here.

Pour elle, voir sa murale disparaître du paysage fait partie du cycle de vie de l’art urbain.

C’est normal, les graffitis c’est éphémère, affirme-t-elle. Il faut que les murs d'une ville reflètent la communauté, donc c'est normal qu'ils changent.

Héron Bleu avait d’ailleurs elle-même remplacé une autre murale, Prends soin de toi, conçue en 2013 par le collectif We Live Up Here. Elle rendait hommage aux pionniers de l’ancien hôpital St-Joseph à travers le regard des infirmières et des médecins qui y ont travaillé.

Aujourd'hui, c’est maintenant la murale This Must Be The Place, de l’artiste originaire de North Bay, Corbin Elliot, qui occupe l’espace.

Passer le flambeau

Pour le festival, faire de la place à une nouvelle création permet de poursuivre la conversation artistique qui est au cœur de son identité.

Pour moi, c’est un moment dans l’histoire, parce qu’on sait que les murales sont temporaires, explique Ra’anaa Ekundayo.

Les œuvres disparues continueront d’exister dans nos archives et dans nos mémoires.

Les trois espaces s’apprêtent ainsi à se renouveler. C’est maintenant au tour des artistes Miskopwagan Asin, June, et La Pupila de prendre le relais.

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