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Complot international, criminalité intergalactique… ou simple et funeste hasard ? La mort ou la disparition inexpliquée d’au moins 10 scientifiques américains proches de recherches stratégiques mobilise Internet — et les plus hautes officines de l’État américain. Le FBI et un comité du Congrès ont lancé des enquêtes cette semaine pour faire la lumière sur cette affaire jugée « assez sérieuse » par le président Donald Trump lui-même.
En moins de quatre ans, au moins dix scientifiques ont disparu ou ont connu une fin aussi funeste qu’étrange — et toutes ces personnes auraient détenu de l’information sensible sur la technologie nucléaire et aérospatiale des États-Unis — voire sur la vie extraterrestre, selon les extrapolations les plus illuminées du Web.
L’histoire a d’abord germé le 22 mars en une du Daily Mail, un tabloïd à sensations qui titrait que le « mystère de la disparition de cinq scientifiques fait frissonner l’Amérique ». Rapidement reprise sur les réseaux sociaux et par des organes de presse alternative, voire propagandistes, de la trempe de RT, l’énigme n’a fait que s’opacifier au cours du dernier mois.
Six autres disparitions ou décès inexpliqués ont depuis fait surface. Il n’en fallait pas plus pour mobiliser les internautes, la presse, puis la Maison-Blanche — au point que le FBI et un comité de la Chambre des représentants ont déclenché leurs enquêtes respectives, cette semaine, pour tenter d’éclaircir l’affaire.
« Ces événements soulèvent l’existence d’une connexion sinistre entre cette série de morts et de disparitions mystérieuses », écrivait le Comité de surveillance et de réforme du gouvernement, lundi dernier, dans le communiqué annonçant le déclenchement de son enquête. Elles pourraient représenter « une grave menace pour la sécurité nationale des États-Unis et à la sécurité du personnel proche des secrets scientifiques américains ».
De la NASA à l’armée de l’air
Cette « vague » de disparitions débute, selon le comité, par la mort de Michael David Hicks survenue en 2023. Cet éminent scientifique a travaillé au Laboratoire sur la propulsion à réaction de la NASA de 1998 à 2022, une entité située au premier plan de l’exploration spatiale et de la recherche de vie extraterrestre. Une série de problèmes de santé connus pourrait toutefois expliquer son décès survenu à l’âge de 59 ans, a déclaré sa fille Julia à CNN.
« D’après ce que j’en sais, il n’y a aucune suite logique qui pourrait l’impliquer dans cette enquête fédérale, a-t-elle ajouté. Je ne comprends pas le lien entre le décès de mon père et la disparition des autres scientifiques. »
Trois autres personnes proches du Laboratoire sur la propulsion à réaction de la NASA ont disparu depuis 2023, dont Monica Reza, 60 ans, qui manque à l’appel depuis une excursion dans la forêt californienne en juin 2025.
Deux autres morts ou disparus travaillaient pour le Laboratoire national de Los Alamos — célèbre incubateur du Projet Manhattan porté au grand écran dans le film Oppenheimer. À la liste s’ajoute Nuno Loureiro, un scientifique assassiné en décembre dernier et qui travaillait sur la fusion nucléaire au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Un général des forces militaires aériennes américaines, responsable du programme de recherche scientifique et technologique de l’armée de l’air et de son budget de 2,2 milliards de dollars américains, selon l’U.S. Air Force, a lui aussi disparu. William Neil McCasland a quitté sa maison d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique, en février, sans laisser de trace ni jamais revenir. L’homme de 68 ans, parti sans ses lunettes et sans son téléphone, fait l’objet de recherches menées par le FBI.
Un autre défunt, trouvé mort dans un lac le mois dernier, occupait des fonctions de direction dans un centre de recherche sur la biologie chimique.
« Énormes chances que ce ne soit pas une coïncidence »
Bien qu’aucune preuve, jusqu’à maintenant, ne relie ces morts et ces disparitions à une sombre machination, un vent de paranoïa souffle sur les autorités. « Les chances sont énormes que ce ne soit pas une coïncidence », a déjà conclu sur les ondes de Fox News, cette semaine, James Comer, le président du comité gouvernemental à l’origine d’une des deux enquêtes en cours.
Ce représentant du Kentucky, initiateur d’enquêtes à saveur partisane sur Joe Biden et son fils Hunter Biden, a même laissé entendre que, dans le contexte actuel de la guerre en Iran, « tous les pays veulent avoir [leurs] connaissances de pointe sur le nucléaire ».
« C’est préoccupant, a-t-il ajouté lundi. S’il s’agissait de trois ou quatre personnes, ça pourrait être une coïncidence. Mais 11 ? C’est un enjeu. »
Le FBI a aussi lancé son enquête. « Le Bureau dirige les efforts pour examiner les liens entre la mort et la disparition de ces scientifiques, a-t-il déclaré dans un communiqué cette semaine. Nous travaillons avec le département de l’Énergie, le département de la Guerre et avec nos partenaires locaux pour trouver des réponses. »
En ligne, les internautes mènent aussi leur propre enquête, retraçant les moindres apparitions publiques des défunts ou des disparus pour alimenter un mystère qui occupe désormais les grands médias américains. Dans un pays habitué aux théories du complot, plusieurs font le lien entre cette vague de décès et de disparitions et les connaissances sur les extraterrestres que les internautes — et certains médias — prêtent à plusieurs des victimes.
Le président Donald Trump, saisi de l’affaire, a indiqué la semaine dernière qu’il « sortait d’une réunion sur le sujet ».
« J’espère que c’est dû au hasard, a-t-il lancé aux journalistes. C’est un truc assez sérieux. Nous allons en savoir plus dans une semaine et demie. »
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