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Une médecin urgentologue de Yellowknife avertit les résidents des Territoires du Nord-Ouest de vérifier régulièrement la qualité de l’air durant la saison des feux de forêt, et de considérer le port d'un masque N95 lorsque l’air est enfumé.
Selon ce qu'explique la Dre Courtney Howard, les dangers associés à une exposition à courte et à long terme aux fines particules toxiques qui se trouvent dans la fumée incluent des risques de maladies respiratoires, de crises cardiaques, de cancer et de mort prématurée.
Les autorités de Santé territoriales et fédérales recommandent également de minimiser l’exposition à la fumée des feux de forêt.
Nous ne voulons pas qu'à long terme, nos enfants développent un cancer.
Ce sont donc des décisions que nous devons prendre sur une base quotidienne pour les protéger.
Lorsqu'il est correctement ajusté, le masque N95 pourrait filtrer environ 90 % des particules fines et serait, ainsi, beaucoup plus efficaces que les masques chirurgicaux, selon la Dre Howard.
De taille microscopique, les particules fines, qui mesurent moins de 2,5 micromètres de diamètre, peuvent pénétrer en profondeur dans les poumons et les vaisseaux sanguins, et provoquer une inflammation systémique.
C’est pourquoi nous constatons une augmentation des accidents cardiaques durant des épisodes de feux de forêt, souligne-t-elle.

Une fumée épaisse a assombri le ciel de Yellowknife en septembre 2023.
Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier
La Dre Courtney Howard dit toutefois ne pas pouvoir fournir de statistiques sur le nombre de visites aux urgences liées aux feux de forêt, en raison des limites entourant la collecte de données aux T.N.-O.
Selon les autorités sanitaires, les groupes vulnérables incluent les nourrissons, les enfants, les aînées et quiconque vit avec des conditions chroniques, comme de l’asthme ou une bronchopneumopathie chronique obstructive.
Aucun niveau d’exposition aux particules fines ne serait entièrement sécuritaire, selon la Dre Howard.

La médecin urgentologue de Yellowknife, Courtney Howard, dit espérer voir un changement d'approche dans la façon dont la qualité de l'air est surveillée et signalée, et des investissements dans les infrastructures publiques d'assainissement de l'air.
Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio
Elle recommande notamment de consulter la Cote air santé, (nouvelle fenêtre) un outil fiable d'Environnement Canada qui permet d'évaluer les risques liés à la qualité de l’air.
Une Cote air santé sitée entre 7 et 10 représente un risque élevé pour la santé.
Il est recommandé dans pareille situation de limiter le temps passé à l’extérieur, d’utiliser un système de filtration de l’air, et de porter un masque si on doit aller à l’extérieur.
Les avis régionaux trop complexes
Il serait toutefois difficile d’émettre des alertes régionales en temps utile lors d'une dégradation de la qualité de l'air.
Selon la Dre Kami Kandola, administratrice en chef de la santé publique des T.N.-O., les changements de vent soudains affectent la capacité de fournir des mises à jour fréquentes et précises.
Au moment où un avis est publié, les choses changent. C’est devenu trop complexe, affirme la Dre Kandola.
Les autorités sanitaires du territoire encourageant les résidents à utiliser des outils en ligne de surveillance de la qualité de l’air, comme la carte PurpleAir (nouvelle fenêtre).
Le gouvernement des T.N.-O. fournit également des masques N95 dans six distributeurs automatiques, appelés Boîtes santé, situés à Inuvik, Yellowknife, Hay River et dans la région Tłı̨chǫ.

Ces machines baptisées Boîte santé distribuent gratuitement une variété d’articles : des autotests pour le VIH aux condoms en passant par des kits de naloxone et des tests de grossesse. On y trouve également des masques N95.
Photo : Facebook / Our Healthbox
Le gouvernement travaillerait également à mettre sur pied des refuges d’air propre.
Selon Roshini Kassie, de l’Office de la qualité de l’eau et de l’air pour Santé Canada, peu de recherche aurait été menée jusqu’à présent sur l’usage de masques lors de feux de forêt.
Santé Canada aurait toutefois accru ses investissements dans la recherche sur la qualité de l’eau et de l’air depuis la saison des feux de forêt record de 2023.
Nous avons commencé à accroître nos efforts pour être en mesure de répondre à ces besoins changeants, affirme-t-elle.
Selon elle, il appartient aux communautés de s’adapter aux changements climatiques, et de repenser leurs normes sur le plan local.
Nos enfants grandissent dans un environnement où la qualité de l’air n’est souvent pas très bonne, et nous devons commencer à bâtir des structures pour les protéger, dit-elle.


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