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Une résidence a été démolie jeudi sur la pointe Langevin, à Dolbeau-Mistassini, en raison de l’érosion des berges. Les propriétaires disent qu’ils peuvent désormais tourner la page sur cet épisode après plusieurs années d’incertitude.
Serge Provencher et Guylaine Girard ont obtenu une compensation financière du Programme général d’assistance financière lors de sinistres, qui offre un montant maximal de 385 000 $ aux propriétaires qui doivent délaisser leur maison. Si leur maison pouvait encore être habitée, leur puits d’eau potable était menacé et les propriétaires devaient donc déménager.

Serge Provencher et Guylaine Girard peuvent désormais se tourner vers l’avenir. Leur nouvelle maison a été construite sur un terrain de Rio Tinto en location.
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Ils ont construit une nouvelle résidence dans le même secteur sur un terrain loué à Rio Tinto, quelques maisons plus loin. La gestion du niveau du lac Saint-Jean est assurée par Rio Tinto via ses infrastructures hydroélectriques. Au fil des ans, des citoyens ont dénoncé la gestion hydrique de la multinationale.
C'est la conclusion d'une période de dix ans qu'on a vécue qui n'a pas été facile pour nous.
La rivière nous a enlevé environ 120 pieds de plage et de terrain. Notre maison n'était pas vraiment en difficulté, c'était le puits d'eau qui ne pouvait plus être relocalisé, donc la Sécurité publique nous a expropriés tout simplement, a ajouté Serge Provencher, qui n’a pas voulu dire le montant qu’il a reçu du gouvernement.
Des propriétaires toujours préoccupés
La Ligue des propriétaires de Vauvert est satisfaite du règlement dans le dossier de Serge Provencher et de Guylaine Girard. Elle demande toutefois au ministère de la Sécurité intérieure de tenir une rencontre publique avec les citoyens de la pointe Langevin pour répondre à leurs préoccupations.

Une résidence a été démolie jeudi sur la pointe Langevin, à Dolbeau-Mistassini
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Il s'agit de la troisième maison à disparaître dans ce secteur près du lac Saint-Jean.
On pourrait chercher un coupable de tout ce qui s'est passé depuis dix ans, mais on préfèrerait remercier le monde qui nous ont aidés à traverser l'épreuve. La personne qui nous a beaucoup aidés, c'est Suzanne Morin de la Ligue des propriétaires de Vauvert, a expliqué M. Provencher.

Paul-Henri Girard est propriétaire d’un chalet dans le secteur de la pointe à Langevin.
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Si ce couple a vécu un dénouement heureux, d’autres propriétaires de résidence secondaire ignorent s’ils devront un jour quitter la pointe Langevin. Ils ne sont pas admissibles au programme de compensation gouvernementale, mais disent vivre tout autant la réalité de l’érosion des berges.
C'est une situation d'érosion continuelle. Je ne sais pas ce qu'ils font ici, la Sécurité publique, la ville n'a aucun moyen de nous compenser ou de faire des travaux pour arrêter l'érosion. On est en attente. Tu sais, la valeur du chalet est passée de peut-être 200 000 à 2000 $, déplore Paul-Henri Girard.

La pointe Langevin est située à Dolbeau-Mistassini.
Photo : Radio-Canada / Julien Gagnon
Moi, j'aurais souhaité que des travaux soient faits pour que je puisse préserver ce patrimoine-là pour ma famille, mais bon. On est victime d'une situation où on ne sait pas ce qui va arriver, a renchéri Martine Boulanger.
La Ville de Dolbeau-Mistassini s'occupe du suivi des berges deux fois par année. Si jamais ça arrive, et qu'au niveau de la Sécurité civile, qu'on voie qu'il y a une problématique, là il faudra adresser la solution et voir de quelle façon on pourra travailler avec les résidents, a précisé le maire Rémi Rousseau.
Pour sa part, le ministère a décliné notre demande d'entrevue, mais signale que le suivi de l’érosion est sous la responsabilité de la Municipalité.

Rémi Rousseau est maire de Dolbeau-Mistassini.
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Bien que le phénomène demeure actif, aucune surveillance additionnelle n’est actuellement requise par le ministère de la Sécurité intérieure, puisqu’aucune résidence ni infrastructure ne fait l’objet d’une imminence de danger, a répondu la direction des communications du ministère de la Sécurité intérieure
Rio Tinto se défend
Invitée à réagir, Rio Tinto rappelle être un partenaire du milieu depuis le début de ce dossier et continu de collaborer étroitement avec les différentes parties prenantes concernées. L'entreprise soutient que l'érosion des berges à la pointe Langevin n'est pas causée par sa gestion du niveau hydrique du lac Saint-Jean.
[...] La situation d'érosion observée à la Pointe-Langevin est complexe. Selon les analyses réalisées, il s'agit d'une problématique d'érosion fluviatile qui ne relève pas du Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean, puisque l'érosion n'est pas attribuée au rehaussement du niveau du lac Saint-Jean, a répondu une porte-parole de la multinationale.


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