NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Les archéologues de la Ville de Québec auraient découvert les traces d’un fossé creusé en 1711 pour résister à l’invasion de l’amiral britannique Hovenden Walker. Le vestige d’une trentaine de mètres de long a été mis au jour à l’emplacement du futur pôle d’échanges du tramway dans le quartier Saint-Roch.
« Considérant l’envergure de l’ouvrage, il serait surprenant qu’il soit associé à un simple fossé de drainage ou à toute autre structure », lit-on dans le rapport de fouilles obtenu par Le Devoir. L’hypothèse des archéologues a été validée par la superposition de son tracé sur les cartes du XVIIIe siècle.
La tranchée a été découverte en 2025 à l’ombre de l’ancienne passerelle de l’autoroute Laurentienne. Elle correspondrait au fossé de l’un des deux demi-bastions et de la courtine aménagés en 1711 dans la partie la plus étroite de la pointe aux Lièvres, qui formait autrefois une presqu’île.
Ce retranchement se prolongeait sur près d’un kilomètre en suivant la rive sud de la rivière Saint-Charles jusqu’aux abords de la gare du Palais actuelle. Une seconde ligne de défense avait été mise en place au nord de ce cours d’eau, dans la plaine de la Canardière aujourd’hui occupée par les quartiers du Vieux-Limoilou, de Maizeret et de Giffard.
Le naufrage d’une partie des navires de l’amiral Walker sur les rochers de la Côte-Nord dans la nuit du 3 septembre 1711 n’aura pas permis de tester l’efficacité de ces ouvrages creusés dans l’urgence par les soldats français et les miliciens canadiens. Sans cette tragédie maritime ayant fait près d’un millier de victimes, c’est sur le bord de la Saint-Charles que se serait joué le sort de la Nouvelle-France, 50 ans avant sa conquête effective.
Autodidacte
Les retranchements de 1711 ont été dessinés par l’officier d’infanterie Josué de Beaucours, un vétéran du siège de Québec de 1690. « Il n’était pas ingénieur en tant que tel, mais il avait une très grande connaissance des fortifications », explique l’historien André Charbonneau. Le retraité de Parcs Canada le soupçonne d’avoir acquis les bases du métier auprès du célèbre Vauban, qu’il a côtoyé brièvement à Brest dans les années 1680.
Beaucours est moins connu que Chaussegros de Léry, à qui l’on doit les remparts actuels de Québec. L’ingénieur autodidacte a néanmoins fait la une des journaux en 2018 lors de la découverte de ce que l’on croyait être un segment de son rempart palissadé érigé en 1693 à l’ouest de la haute ville de Québec. La structure, qui est aujourd’hui exposée au Musée de la civilisation, serait plutôt une canalisation du XVIIIe siècle.
Parmi les legs durables de Beaucours toujours visibles de la capitale, on note la redoute du cap Diamant, qui a été intégrée à la citadelle, le cavalier du Moulin et la redoute Dauphine. Cette dernière a toutefois dû être consolidée par d’imposants contreforts sous le régime britannique afin d’éviter que la structure ne glisse au bas de la côte où elle avait été construite !
« Beaucours n’avait pas la même expérience que les autres ingénieurs », souligne André Charbonneau en prenant soin de ne pas trop critiquer le bâtisseur décédé en 1750 à l’âge avancé de 88 ans. « Ses ouvrages n’étaient pas toujours adaptés à la topographie. »
Brèche
Beaucours a laissé des plans de son retranchement de la rivière Saint-Charles. L’un d’eux présente la coupe longitudinale de cette fortification dotée d’un fossé triangulaire servant à briser l’assaut de l’ennemi évoluant sous les tirs des défenseurs postés à l’abri d’un parapet formé d’un talus.
Pour franchir ce type d’ouvrage, les assaillants devaient sauter dans le fossé afin d’attaquer le parapet à coups de pelles et de pioches. « Lorsque la brèche sera faite, les travailleurs abandonneront leurs outils et, reprenant leurs armes, ils monteront tous ensemble la baïonnette au but du fusil en criant “tue, tue” », indique le capitaine Jean Louis Le Cointe dans un manuel d’instruction paru au milieu du XVIIIe siècle.
« Il y avait toutes sortes de techniques », explique André Charbonneau en prenant soin de préciser qu’il s’est davantage intéressé à la défense qu’à l’attaque des places de guerre lorsqu’il travaillait pour Parcs Canada. « Mon mandat consistait d’abord à comprendre comment les fortifications étaient construites. »
Les fortifications « passagères » de Beaucours sont demeurées en place jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Elles ont d’ailleurs été recyclées en 1759 pour défendre les abords de Québec contre le corps expéditionnaire britannique du général Wolfe.
Le fossé d’un peu plus de 10 mètres de large aurait été comblé après 1771. C’est du moins ce que portent à croire les artefacts trouvés par les archéologues dans le sol de remplissage, qui contenait notamment des pierres à fusil et des boutons d’uniformes britanniques.
Le secteur situé de part et d’autre de l’ancienne fortification a accueilli les cimetières du faubourg Saint-Roch et de l’hôpital de la Marine au milieu du XIXe siècle. Près de 250 sépultures y ont été exhumées dans le cadre des travaux préparatoires du tramway de Québec.
Ensemble, soutenons la réflexion
Média rigoureux et lucide, Le Devoir ne se contente pas de relater les faits.
Nos journalistes vous offrent les clés pour mieux comprendre l'actualité
d'ici et d'ailleurs. En soutenant notre mission, vous assurez la pérennité
d'un journalisme indépendant, exigeant et engagé.


7 hour_ago
11


























.jpg)






French (CA)