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Bien qu’insatisfaites, deux scieries signent l’Entente Côte-Nord. Arbec, dont la scierie est fermée depuis novembre, et Boisaco acceptent l’offre de Québec, même si elle ne permet pas de combler l'ensemble de l'iniquité financière dans laquelle elles opèrent. Domtar, elle, refuse de signer.
L’entente que nous avons est un renouvellement. Elle ne permet pas de rétablir l’équité, mais, dans le contexte économique actuel, c’est le pas que le gouvernement était prêt à faire, se range le conseiller spécial au président du groupe Rémabec, Pierre Cormier.

Rémabec a annoncé en novembre l'arrêt de ses opérations en forêt et à sa scierie, à Port-Cartier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
L'Entente Côte-Nord vise à amoindrir l'écart entre les entreprises forestières de la Côte-Nord et celles du reste du Québec.
Une des mesures prévues vise à permettre aux forestières de récolter dans les zones touchées par la tordeuse des bourgeons de l'épinette.
Un deuxième volet vise à réduire les redevances qu'elles versent au gouvernement pour un certain volume de récoltes.
7 $ de différence avec les autres régions
Depuis des années, les scieries de la Côte-Nord décrient un écart de coûts de production considérable avec les usines des autres régions de la province, de l’ordre de 7 $ par mètres cubes.
Le but, ce n’est pas d’obtenir des traitements de faveur, mais d’avoir des conditions comparables, commente le président de Boisaco, Steeve St-Gelais.

Le président de Boisaco, Steeve St-Gelais, aurait aimé que cette entente comble le manque à gagner de 7 $ le mètre cube. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Si les trois usines de la région fonctionnaient à plein régime sur une année complète, représentant un volume d'environ 1,5 million de mètres cubes, ce désavantage se traduirait par un manque à gagner d'environ 10 millions de dollars par an.
Bien que l'entente Côte-Nord ait été signée pour tenter de pallier ce problème grâce à certaines mesures d'aide, les intervenants de l'industrie sont déçus qu'elle ne permette pas de combler cet écart financier dans son intégralité.
Ne pas la signer, ce serait perdre les chances d’améliorer la situation pour cette année et la prochaine. Je suis déçu, mais c’est un pas dans la bonne direction.
Le travail continu pour atteindre l’équilibre
La scierie Outardes, près de Baie-Comeau, a refusé de signer l’Entente Côte-Nord. Son futur est des plus incertain alors que, cette semaine, Domtar donnait aux 126 employés un préavis de licenciement pour le 16 octobre.
L’entreprise dit vouloir continuer le dialogue pour trouver un terrain d'entente avec le gouvernement. De son côté, la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Kateri Champagne Jourdain, indique par écrit vouloir continuer de travailler en ce sens également.
Le préfet de la MRC de Manicouagan, Guillaume Tremblay, interpelle lui aussi la Coalition avenir Québec. Lors d’une conférence de presse qui a eu lieu mercredi, il l’incite à reconsidérer l’entente afin de permettre à Domtar de la signer, afin d’éviter des conséquences catastrophiques pour la Manicouagan.
Tout le monde doit reconnaître qu’on a besoin de mesures pour trouver un terrain d’entente. On ne peut pas accepter un tel coup dur.
Lors de cet événement, le maire de Pointe-aux-Outardes, où se trouve la scierie de Domtar, a fait savoir que sa fermeture entraînait des conséquences lourdes sur tout le village.

Micheline Anctil, Guillaume Tremblay et Julien Normand disent qu'il y a urgence d'agir pour sécuriser l’avenir de la scierie Outardes.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
La plupart des entreprises du parc industriel travaillent pour cette scierie. Sa fermeture entraîne des conséquences pour tous les entrepreneurs qui font affaire avec elle.
En cas de fermeture définitive, la petite municipalité se retrouve également amputée d’une partie importante de ses revenus. 215 000 $ viennent directement de la scierie, pour un revenu de taxe de 1,9 M$. Les citoyens ne sont pas en mesure de tout absorber, dénonce-t-il.
D'arpès les informations de Nazdar Roy et de Renaud Chicoine-McKenzie


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