NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Menaces de droits de douane américains, baisse de la consommation, surproduction et dérèglement climatique : la viticulture française traverse une période de crise et doit désormais s'adapter à une transformation profonde du secteur.
Publié le 21/08/2026 12:07
Temps de lecture : 2min
Bernard Farges, président du CIVB, à Avignon, le 3 décembre 2025. (REY Jerome / MAXPPP)
Le 19 janvier 2026, pour la énième fois, Donald Trump s'en prend à la viticulture française. Il menace à nouveau de taxer lourdement le vin, le champagne et le cognac. C'est devenu une habitude pour faire pression sur différents sujets. Cette fois, il affirme vouloir taxer l'alcool français à hauteur de 200%, ce qui multiplierait par trois le prix d'une bouteille, afin de manifester son mécontentement après le refus d'Emmanuel Macron de rejoindre son projet de "Conseil de la paix".
Depuis son retour à la Maison Blanche, en janvier 2025, Donald Trump utilise régulièrement cette arme commerciale. C'est notamment ce qui a poussé l'Union européenne à négocier, avant d'aboutir à un accord : une taxe de 15% s'applique désormais à tous les produits européens exportés vers les États-Unis, dont les vins, le champagne et les spiritueux. Une mauvaise nouvelle pour les viticulteurs français.
Bernard Farges, président du Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux, est producteur en Gironde. Depuis son bureau, il suit de près toutes les attaques du président des États-Unis, alors que le pays de l'Oncle Sam constitue le premier marché d'exportation de la viticulture française : "Nous sommes dans le viseur de Donald Trump tout simplement parce que nous sommes une filière vins et spiritueux française très exportatrice. Pour nos opposants, ceux qui veulent nuire à l'économie européenne, c'est un moyen d'appuyer là où ça fait mal. Les vins et spiritueux sont souvent au cœur de ces tensions. C'est donc difficile : à la fois, nous voulons rester une puissance exportatrice forte, mais nous savons que cela nous expose."
"Aujourd'hui, nous sommes revenus à des niveaux normaux de commercialisation, mais ce qui est perdu n'est jamais rattrapé."
Bernard Farge, président du Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux
à franceinfo
Le responsable bordelais voit également de nouvelles perspectives de croissance sur des marchés émergents, notamment en Afrique et en Amérique du Sud : "L'Afrique, qui aujourd'hui est un continent qui commence à s'intéresser au vin, avec une classe moyenne qui commence à s'intéresser, mais c'est sur des volumes qui sont faibles. En Amérique du Sud, le Brésil est un marché qui va se développer, avec l'accord Mercosur notamment".
Alors que le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur s'applique depuis le 1er mai, la viticulture est l'une des rares filières agricoles à y être favorable. Il est néanmoins "beaucoup trop tôt" pour constater une hausse des exportations, admet Bernard Farges, qui ajoute : "Il n'y a pas d'exemple où des accords commerciaux n'ont pas développé le commerce pour la filière vin."
Victime d'une baisse de la consommation, d'une surproduction et d'un plan d'arrachage soutenu par l'État pour la deuxième année consécutive, le secteur du vin traverse une période difficile et n'avait pas besoin de nouvelles difficultés sur les marchés internationaux. La question de l'avenir de la viticulture française se pose donc. "Il y a cinq ans, la viticulture française représentait 800 000 hectares, 40 à 45 millions d'hectolitres. Elle est probablement en train de descendre à 700 000 hectares, voire à 600 000 hectares. Elle restera le deuxième ou le troisième producteur mondial mais cette restructuration est douloureuse", explique Bernard Farge
Désormais le secteur, déjà en crise pour multiples raisons, doit également faire face au dérèglement climatique. "Le changement climatique nous amène à avoir des années très aléatoires en termes de production. Il faut donc s'adapter à ces évolutions. Peut-être que certaines vignes ne pourront plus exister dans certains endroits, dans certaines zones", explique le président du CIVB. Cela passe notamment par la sélection de nouveaux cépages plus résilients face au changement climatique et mieux adaptés aux nouvelles attentes des consommateurs, conclut Bernard Farge.


2 week_ago
59


























.jpg)






French (CA)