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Une résidente de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, déplore le manque de recherche et de formation en santé féminine, son médecin de famille étant incapable de lui retirer son stérilet.
Stephanie Comeau raconte que son médecin de famille a contacté trois gynécologues afin qu’elle puisse avoir accès aux soins nécessaires, mais sans succès. Ça serait dû aux longues listes d’attente ou au fait que ces gynécologues ne prennent pas de nouvelles patientes.
Elle a alors été conseillée de contacter le Centre de santé sexuelle d'Halifax.
J'ai dû appeler environ 300 fois avant de réussir à joindre quelqu'un à 15 h. On m'a dit qu'on pouvait prendre rendez-vous fin septembre, mais pour une consultation, pas un rendez-vous, a confié Stephanie Comeau à l'émission Information Morning Halifax de CBC.
La résidente de Dartmouth explique qu’elle essaie de se faire retirer son stérilet depuis le mois de juin dernier.
Je souffre du syndrome des ovaires polykystiques. Une fois par mois, je suis sujette à des migraines invalidantes qui m'empêchent de me lever. Plus j'attends de voir si le retrait de mon stérilet sera efficace, plus je dois endurer ces symptômes.
Le plus triste, c'est que les temps d'attente sont très longs et qu'il faut surmonter beaucoup d'obstacles. Si vous ne défendez pas vos droits, vous allez souffrir en silence.
Abbey Ferguson, directrice générale du Centre de santé sexuelle d'Halifax, explique que des situations comme celle de Stephanie Comeau se produisent depuis des années.
Nous avons toujours été un lieu où même des personnes qui ont un médecin de famille finissent par venir nous consulter, car la pose et le retrait de stérilets nécessitent une formation supplémentaire. Cela relève des compétences d'un professionnel de la santé, mais requiert aussi une formation et une familiarité particulières, ainsi que du matériel supplémentaire, précise Abbey Ferguson.
Selon elle, le retrait d'un stérilet demande de la pratique. Certains professionnels de la santé n'ont pas eu à le faire lors de leur formation médicale. D’autres ne s’intéressent pas à la santé reproductive, ou n’ont pas accès au matériel et aux produits de nettoyage nécessaires.

Abbey Ferguson, directrice générale du Centre de santé sexuelle d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 14 août 2024.
Photo : Radio-Canada / Paul Légère
Selon Abbey Ferguson, le laboratoire pharmaceutique Bayer, qui fabrique les stérilets hormonaux, dispose d'un répertoire de formations. Elle soutient que le Centre de santé sexuelle d'Halifax permet aux professionnels de la santé d'effectuer des stages d'observation afin de perfectionner leurs compétences.
Le Centre de santé sexuelle d'Halifax gère entre 500 et 900 rendez-vous par mois.
Si vous ne parvenez pas à nous joindre, c'est parce que des centaines d'autres personnes appellent en même temps. La demande est extrêmement forte. Surtout que nous recevons des patientes qui n'ont pas de médecin traitant, mais aussi d'autres qui en ont un, déclare Abbey Ferguson.
À son avis, il faudrait inciter davantage de professionnels de la santé à poser et à retirer les stérilets.
Il faudrait notamment s'assurer que les programmes d'études médicales de nos provinces répondent aux attentes concernant les services que nous souhaitons voir offerts. Nous pouvons également plaider pour une meilleure facturation, a-t-elle expliqué.
Les services de santé sexuelle sont fortement dépendants de l'offre. Or, tous ces services, lorsqu'ils ne sont pas offerts directement par l'autorité sanitaire, sont coûteux. Si la facturation reflétait le coût réel d'offrir correctement un service de santé sexuelle, cela inciterait les professionnels à y consacrer le temps nécessaire, ajoute Abbey Ferguson.
La province affirme vouloir améliorer les services
Le ministère de la Santé et du Mieux-être de la Nouvelle-Écosse a déclaré que la province avait récemment annoncé plusieurs mesures visant à jeter les bases d'un changement durable et à améliorer les services de santé pour les femmes partout dans la province.

Michelle Thompson, ministre de la Santé de la Nouvelle-Écosse, en point de presse, le 14 septembre 2026.
Photo : Radio-Canada
Ces changements portent sur trois domaines prioritaires initiaux : la gynécologie, la ménopause et le dépistage du cancer du sein.
D'après un reportage d'Anjuli Patil, de CBC.


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