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Pour la première fois au Canada, Clarisse, la réplique du tout premier autobus construit en 1924 par Eugène Prévost, a quitté le siège social de l’entreprise afin de prendre la route de l’Abitibi-Témiscamingue.
C’est le petit-fils du fondateur de l’entreprise, André Turmel, assisté de sa conjointe et de trois de ses cousins, qui a fabriqué la réplique.
La seule référence que le groupe possédait comme guide pour la construction était une photo d’époque où l'on peut voir Clarisse. Ils ont fait agrandir la photographie et, grâce à quelques formules mathématiques, pu reproduire à l’échelle les dimensions de l’autobus original.

Photographie du tout premier autobus Prevost construit par Eugène Prévost en 1924.
Photo : Gracieuseté : prevostcar.com
C’est à Tampa Bay que les cousins ont trouvé le moteur et la base du véhicule, identique à celui utilisé par Eugène Prévost.
Il a fallu ensuite construire la réplique exacte de l’autobus.
Le châssis est en bois, tout comme l’intérieur, signale André Turmel. On ne sait pas quel bois mon grand-père a utilisé. Moi, j’ai utilisé du frêne pour la structure parce que c’est flexible et que ça absorbe les chocs. L’intérieur est en cèdre parce que c’est un bois très léger.
Le fonctionnement de la porte et des fenêtres est aussi ingénieux pour l’époque, avec un système de ganses qui fait monter et descendre les fenêtres. Des témoignages de gens qui ont utilisé le modèle original en 1924 sont venus confirmer leur conformité.

L'intérieur de la réplique du premier autobus Prevost, avec le réservoir à essence tout près du siège du conducteur!
Photo : Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault
Le positionnement du réservoir à essence, lui, peut faire sourciller aujourd’hui. « Le réservoir à essence est presque sur les genoux du conducteur! », raconte en riant André Turmel.
« Il faut se rappeler qu’à l’époque, les pompes à essence n'existaient pas sur les moteurs. Donc, c’est la gravité qui faisait descendre l’essence jusqu’au moteur. D’ailleurs, je suis convaincu que les chauffeurs fumaient la cigarette ou la pipe en conduisant, même s’ils avaient le réservoir à essence sur les genoux. Ça ne les dérangeait pas du tout », mentionne-t-il.
Ce qui expliquerait pourquoi il y a une sortie de secours à l’arrière de l’autobus. C’est logique parce que, si le feu avait pris dans le réservoir à essence, les gens auraient pu sortir par la porte arrière, indique André Turmel en rigolant encore.
La construction s’est échelonnée sur 106 journées de travail, qui pouvaient parfois durer plus de 10 heures. André Turmel évalue qu’il aura fallu près de 3500 heures de travail pour compléter le projet.
Mais ce qui n’a pas de prix pour lui, c’est que les gens reconnaissent le génie et la vision de son grand-père, qui a non seulement construit des autobus, mais aussi des motoneiges et toutes sorte d'autres systèmes d’outillage.
L'entreprise Prevost a célébré son 100e anniversaire en 2024.


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