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Une quarantaine de représentants de différents groupes de pêcheurs de homard et de crabe des neiges des îles Lamèque et Miscou ont participé à une rencontre de mobilisation pour tenter de sauver de la faillite l’Association coopérative des pêcheurs de l’île, jeudi soir.
Cette participation donne espoir à Jean-Pierre Plourde, un pêcheur de homard qui invite ses confrères à s'organiser pour sauver l’usine.
La coopérative croule sous 25 millions $ de dettes et s’est récemment mise à l’abri de ses créanciers dans l’espoir de se restructurer. Cependant, l’usine demeurerait fermée cet automne, ce qui priverait plus de 230 personnes de la communauté d’un emploi dans la transformation.

Une quarantaine de personnes ont participé à la rencontre pour tenter de sauver l'Association coopérative des pêcheurs de l'île, jeudi soir à Lamèque.
Photo : Radio-Canada / Mario Landry
Jean-Pierre Plourde s’est dit satisfait de l’écoute des pêcheurs pendant plus de deux heures.
Je pense que c’est un bon bilan, c’est positif. On va pouvoir passer à l’étape suivante, parce que convaincre des pêcheurs qui ont tous des entreprises, c’est difficile. Mais je pense que la réception a été bonne et je laisse maintenant les pêcheurs s’en aller avec l’idée , a-t-il commenté.
Un projet hybride
Cette idée, c’est un projet hybride, qui permettrait aux pêcheurs de homard et de crabe des neiges à s’engager de vendre une partie de leurs captures à la coopérative afin de lui assurer suffisamment de volume de travail pour fonctionner et le reste à une entreprise de transformation de leur choix.
J’ai demandé aux pêcheurs de devenir actionnaires dans le projet et de vendre à la coopérative une partie de leurs prises. On essaie de récupérer le maximum de volume de crabe et de homard pour faire fonctionner l’usine , a expliqué Jean-Pierre Plourde.

L'usine de l'Association coopérative des pêcheurs de l'Île, à Lamèque.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Cette stratégie, si elle va de l’avant, ne va s’appliquer qu’à la prochaine saison de pêche, soit au printemps 2027.
Je ne peux pas garantir aux pêcheurs qu'ils ne perdront pas une cenne ou deux. Mais en tout cas, j'essaie fort de convaincre les gens de vendre du produit ici, au moins une partie, pour sauver notre usine et les emplois qu'il y a avec, espère-t-il.
Il y a beaucoup de monde qui dépend de l’usine ici. Si elle ne fonctionne pas, ça va affecter plusieurs entreprises locales, poursuit-t-il.
Les pêcheurs conscients de la situation
Pierre Larocque est un pêcheur de homard de la région qui vend ses prises à la coop. Il a écouté avec attention les propos tenus lors de cette rencontre. Il admet que lui et ses collègues pêcheurs doivent prendre conscience de la situation critique à l’Association coopérative des pêcheurs de l’île.
Ç'a été super parce qu'on est rendus à un point où c'est nous autres qui devons mettre une direction à l'usine, et l'usine, en contrepartie, c'est elle qui redistribue l'argent dans la communauté, par le travail, par le payage des pêcheurs, rappelle-t-il.

La rencontre des pêcheurs pour tenter de sauver l'Association coopérative des pêcheurs de l'île à Lamèque a réuni une quarantaine de participants, jeudi soir.
Photo : Radio-Canada / Mario landry
Nous sommes tous des entrepreneurs. Les pêcheurs, ce sont des entrepreneurs et il faut qu'ils prennent conscience qu'ils font partie de la solution. Tu ne peux pas laisser ton voisin tomber, tu ne peux pas laisser ta parenté aller s'exiler pour travailler , a-t-il dit.
Si on les laisse tomber, ils vont commencer à boiter, puis après, il va manquer une jambe et ça ne marchera plus , a-t-il imagé.
L’Association coopérative des pêcheurs de l’île compte près de 240 membres, la plupart d'entre eux sont des pêcheurs et des employés. La saison dernière, seuls onze membres pêcheurs ont vendu des prises à la coopérative, soit cinq pêcheurs de crabe des neiges et six pêcheurs de homard.
La semaine dernière, une rencontre fort émotive a attiré près d'une centaine de travailleurs de l’usine désormais sans emploi. Les porte-parole ont exigé une intervention rapide des gouvernements de Fredericton et d’Ottawa pour leur venir en aide cet automne.


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